Formule 1: Alpine change tout, pour le pire?

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Formule 1Alpine change tout, pour le pire?

Virer les patrons n’a jamais fait avancer les voitures plus vite. Pourtant, c’est ce que l’équipe Alpine a décidé, vendredi, entre les essais libres et les qualifications!

Luc Domenjoz Spa-Francorchamps
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Luc Domenjoz Spa-Francorchamps

Deux patrons dehors

C’est à 14h52 vendredi, peu après la fin de la première séance d’essais libres et deux heures avant les qualifications, que le communiqué de l’écurie Alpine est tombé: Otmar Szafnauer, le patron de l’écurie (le «team principal», dans la terminologie officielle) et Alan Permane, son directeur sportif, ont été remerciés avec effet quasi immédiat puisqu’ils quitteront leur fonction à la fin du week-end.

Il y a quelques jours, c’était Laurent Rossi, le président d’Alpine, qui en était écarté après avoir réussi l’exploit de se faire détester par presque tout le monde en moins de deux ans.

Aucune écurie n’a jamais réussi à faire rouler ses voitures plus vite en «virant» les patrons d’une écurie. Et Alpine ne fera sans doute pas exception. L’écurie est pourtant au milieu du plan des «100» lancé par Laurent Rossi, qui consiste à devenir champion du monde en l’espace de 100 Grands Prix (après une première étape visant à signer des podiums, une deuxième pour les victoires avant le titre mondial).

Bruno Famin remplace désormais provisoirement Otmar Szafnauer à la tête de l’équipe. Cet ingénieur discret, qui a dirigé Peugeot Sport entre 2012 et 2019 avant de rejoindre la Fédération internationale de l’Automobile (la FIA) de 2019 à 2022 ne semble pas avoir l’envergure pour diriger une équipe comme Alpine, avec des centaines d’ingénieurs, une partie châssis basée à Enstone, en Angleterre, et un développement moteur effectué à Viry-Châtillon, dans la banlieue parisienne.

Otmar Szafnauer connaît bien la F1 pour avoir dirigé Force India – devenu Aston Martin - depuis 2009, avant de rejoindre Alpine, embauché par Laurent Rossi suite à un désaccord avec le patron d’Aston Martin. Dommage de se séparer d’un fin connaisseur du fonctionnement de la Formule 1.

Pour Alan Permane, lui aussi remercié, la sanction semble sévère pour un fidèle qui y travaille depuis 34 ans (il avait commencé en 1989, à l’époque où l’écurie se nommait Benetton, a suivi les titres de Michael Schumacher en 1994 et 1995, puis, sous le nom Renault, ceux de Fernando Alonso en 2005 et 2006) avant que l’écurie ne se nomme Lotus et parte quasiment en faillite fin 2015, reprise de justesse par Renault. Alain Permane a tout connu de ces heures de gloires et de difficultés. Il devrait retrouver du travail en Formule 1, mais peut-être plus en tant que directeur sportif.

Son rôle chez Alpine est repris par Julian Rouse, un inconnu de la F1, lui aussi nommé de manière provisoire.

Des changements qui illustrent l’instabilité qui règne chez Alpine et dont risquent d’être victimes les deux pilotes, Esteban Ocon et Pierre Gasly, tant il est difficile de rester serein au milieu de tels bouleversements.

Leclerc pas trop confiant

Charles Leclerc partira en pole position, dimanche, mais il ne se faisait aucune illusion sur ses chances de remporter le Grand Prix de Belgique. «Non, je ne suis pas confiant avec les deux Red Bull qualifiées pas très loin, reconnaissait le Monégasque. En conditions de course, notre voiture n’est pas fantastique, je ne crois pas que je puisse retenir Max (ndlr: Verstappen) jusqu’à l’arrivée.»

Le plus rapide des qualifications, Max Verstappen, partira 6e seulement dimanche, en raison d’un changement de boîte de vitesses qui le reléguera à la 6e place de la grille de départ. «L’an dernier, je suis parti 14e et j’ai gagné, se souvient Max Verstappen. Et cette année, il me semble que notre voiture est encore meilleure que celle de l’an dernier, donc je vais viser la victoire dimanche!»

L’écurie Red Bull aurait pu décider de changer la boîte de vitesses du Néerlandais plus tard dans la saison, mais elle l’a fait sur ce circuit précisément parce que les dépassements y sont plus faciles qu’ailleurs. Samedi sera la journée «sprint», avec les qualifications à midi et la petite course à 16h30.

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