FootballLe FC Bâle se dessine à travers ses recrues
Contre Young Boys dimanche, les Rhénans ont paru plus dynamiques que jamais. On y distingue l’influence de leurs renforts Comas, Diouf, Amdouni ou encore Zeqiri.
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On peut résister à Young Boys. La chose est devenue assez commune depuis la saison passée. On peut même lui faire du mal, sur un ou deux coups. Cela suffit parfois. Mais dimanche, Bâle a fait un peu plus que ça. Il n’a certes pas marqué, mais il n’a pas non plus encaissé de but, et le tout mis ensemble, cela a rendu miraculeux le 0-0 final. Mais au-delà du résultat, jouer contre YB a souvent valeur de révélateur: celui qui est capable de rivaliser aussi dans le jeu a souvent de bonnes références à faire valoir.
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Andy Diouf, symbole d’un FC Bâle plus vertical.
freshfocusPour les Rhénans, c’est peut-être le premier signe d’une saison qui peut bien se passer. Pourtant, il n’y avait jamais eu autant de recrues alignées d’entrée (cinq sur les dix joueurs de champ, six en comptant Hitz) par Alex Frei cette saison. Et si cela n’était pas un hasard?
Jeunes et dynamiques
Il faut commencer par citer ces nouvelles têtes sur lesquelles Frei avait choisi de miser dimanche: les défenseurs Arnau Comas et Kasim Adams, le milieu Andy Diouf et les attaquants Zeki Amdouni et Andi Zeqiri. Moyenne d’âge: entre 22 et 23 ans. Dans la lignée de ce qu’est cette équipe du FC Bâle cette saison. Autour d’eux, pas beaucoup d’éléments plus âgés. C’est la politique promue par David Degen. Elle a ses défauts, notamment en termes d’expérience. Mais il y a aussi un avantage: celui d’être à même de déployer plus d’intensité sur le terrain.
Même si l’échantillon est encore très réduit (le FCB n’a disputé que trois matches de Super League pour l’instant), il n’est peut-être pas tout à fait anodin de constater que les Rotblau sont actuellement l’équipe la plus active défensivement du championnat. Il n’y a pas encore d’identité claire, juste une légère tendance. Et à Saint-Jacques dimanche, il y avait aussi la volonté de répondre à l’intensité de Young Boys par l’intensité. Une certaine idée du courage.
Elle a plutôt fonctionné sur différentes phases de jeu. Avec une distinction majeure au pressing, puisque pour la première fois depuis un certain temps, Bâle pouvait compter sur deux attaquants capables de sortir fort sur l’adversaire. Face à Amdouni et Zeqiri, soutenus par Ndoye et Millar sur les côtés, la relance bernoise n’a pas été aussi simple que prévu. Pareil pour ce qui est des transitions défensives, avec un Amdouni souvent présent dans la zone du ballon et donc réactif dès la perte, sans compter la présence physique de la paire Burger-Diouf au milieu, deux joueurs qui ne rechignent pas à jouer les duels. Et puis, en défense, Arnau Comas et Kasim Nuhu ont une approche proactive du jeu sans ballon, en avançant plus qu’en reculant.
Les transitions, l’orientation naturelle
Le FC Bâle tel qu’il s’est présenté dimanche a donc été une équipe active et dynamique. Avec le ballon, elle est aussi devenue verticale. Parce que son adversaire bernois a volontiers assumé la possession du ballon afin de s’installer dans le camp adverse. Mais aussi parce que les Rhénans l’ont accepté. Ils avaient d’ailleurs tout intérêt à le faire. C’est en effet un schéma qui correspond parfaitement à leurs recrues, qui ont une propension pour la transition et la projection. De quoi parfaitement se «marier» à celles arrivées un an plus tôt (Millar, Ndoye, Burger).
Le cas le plus évident pour illustrer cette orientation est celui d’Andy Diouf. Le Français de 19 ans, prêté par Rennes, a le profil du joueur «qui casse des lignes» par la conduite. Ses prises de balles se font vers l’avant, et sa puissance lui permet de laisser à ses trousses ses adversaires directs. Contre YB, il a pu s’y essayer plusieurs fois, confirmant les signaux positifs qu’il avait laissés entrevoir lors de ses premières apparitions. Ces projections sont bienvenues pour lancer ces transitions et amener le jeu dans le camp adverse.
Mais il n’est pas le seul à s’inscrire dans ce registre: de par ses courses et ses nombreux appels, Andi Zeqiri a également le profil. Sans être toujours juste, il a le mérite de faire reculer les défenses. Zeki Amdouni, lui, a un rôle différent. Le Genevois se distingue par sa tendance à toujours vouloir se connecter au jeu. Autrement dit, il se situe généralement dans la zone du ballon, tant en phase offensive que défensive. Ainsi, il se révèle souvent être «la porte de sortie» lorsqu’il s’agit de lancer la transition. Ses capacités d’orientation (il est toujours capable de se mettre dans le sens du jeu) lui permettent de donner de la continuité à la séquence qui se dessine.
Reste à déterminer si le schéma sera reproductible qu’importe l’adversaire. Bâle fait suffisamment peur pour qu’on lui abandonne le ballon. Les transitions risquent de se raréfier face aux adversaires plus médiocres. Il faudra aussi être capables de reproduire des mouvements et des courses moins longues face à des blocs reculés. Et puis, il faudra être à même de ne pas s’exposer aux transitions adverses, ce qui a longtemps été le talon d’Achille du FCB ces dernières saisons. Et même encore récemment, comme lors des deux premières rencontres, contre Winterthour et Servette. Le profil des recrues ne fera pas tout: Alex Frei a du travail.