France  – Yvan Colonna victime «d’une strangulation puis d’un étouffement»

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FranceYvan Colonna victime «d’une strangulation puis d’un étouffement»

L’indépendantiste corse, condamné pour l’assassinat du préfet Erignac, est entre la vie et la mort après avoir été agressé par un détenu djihadiste dans l’établissement pénitentiaire d’Arles. 

Aujourd’hui âgé de 61 ans, le militant indépendantiste corse avait été interpellé en juillet 2003.

Aujourd’hui âgé de 61 ans, le militant indépendantiste corse avait été interpellé en juillet 2003. 

AFP

Le militant indépendantiste corse Yvan Colonna, hospitalisé à Marseille dans le coma, a été victime «d’une strangulation à mains nues, puis d’un étouffement» de la part d’un codétenu à la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône), a précisé mercredi le procureur de Tarascon.

«En coma post-anoxique»

«A ce stade, le mobile de l’agression est inconnu. Aucun incident en détention n’avait été signalé entre le détenu et la victime», a poursuivi le procureur Laurent Gumbau dans un communiqué transmis à l’AFP.

«Toutefois, le parquet national antiterroriste a été contacté au regard des antécédents du mis en cause», selon M. Gumbau. Le détenu mis en cause purgeait en effet une peine de neuf années d’emprisonnement pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme.

Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, a été agressé «alors qu’il effectuait, seul, une séquence d’entretien physique à la salle de musculation de l’établissement pénitentiaire», a précisé le procureur.

«L’agresseur supposé, lui-même détenu, assurait un service d’entretien en qualité d’auxiliaire d’étage au moment des faits», a-t-il ajouté.

Il a été placé en garde à vue par la brigade criminelle de la direction zonale de la police judiciaire Sud, qui mène l’enquête pour «tentative d’assassinat».

«Dès la découverte de la victime inanimée par un surveillant pénitentiaire, les secours internes prodiguaient un massage cardiaque moins de 3 minutes après l’alerte», selon les premiers éléments de l’enquête.

Même si les réanimateurs des pompiers et du SMUR ont ensuite réussi «à relancer (son) activité cardiaque», Yvan Colonna est désormais «en coma post-anoxique» et a été transféré de l’hôpital d’Arles à Marseille.

Aujourd’hui âgé de 61 ans, le militant indépendantiste corse avait été interpellé en juillet 2003 pour l’assassinat du préfet Erignac en février 1998 à Ajaccio, après quatre ans de cavale dans le maquis.

Il a toujours nié les faits.

Saga judiciaire

Le soir du 6 février 1998, le préfet de Corse, Claude Erignac, meurt sous les balles d’un tueur qui lui tire dans le dos, dans une rue d’Ajaccio, alors qu’il se rendait à pied au théâtre.

Il est atteint de trois projectiles de calibre 9 mm dont l’un tiré dans la nuque à bout portant et deux dans la tête pour l’achever à terre. L’arme, un pistolet Beretta, abandonnée sur place, avait été volée en 1997 lors d’une opération commando à la gendarmerie de Pietrosella, près d’Ajaccio.

Deux militants nationalistes sont interpellés et passeront de longs mois de prison, avant d’être relâchés.

Le 30 juin 2016, une juge antiterroriste prononce un non-lieu général bénéficiant à 31 personnes. L’année suivante, l’Etat est condamné pour «faute lourde» à verser 100’000 euros de dommages et intérêts à neuf d’entre elles.

Le 21 mai 1999, quatre hommes sont arrêtés et passent aux aveux. Un mandat d’arrêt est lancé contre un cinquième, Yvan Colonna, qui devient l’homme le plus recherché de France, après avoir été accusé durant les gardes à vue d’être le tireur.

Sept nationalistes sont mis en examen fin mai: Pierre Alessandri, Vincent Andriuzzi, Alain Ferrandi, Marcel Istria, Didier Maranelli, Martin Ottaviani et Joseph Versini. Un huitième, Jean Castela, est mis en examen, le 2 décembre 1999.

Ils comparaissent en juin et juillet 2003 devant la cour d’assises spéciale de Paris. Quatre d’entre eux mettent Yvan Colonna hors de cause.

Alain Ferrandi et Alessandri sont condamnés à perpétuité pour assassinat, les autres à des peines de quinze à trente ans pour complicité. Andriuzzi et Castela, présentés par l’accusation comme les «théoriciens», feront appel et seront acquittés en 2006.

Yvan Colonna est arrêté le 4 juillet 2003 dans une bergerie près du village d’Olmeto (Corse-du-Sud).

Huit ans plus tard et après trois procès, celui qui affirme n’avoir «jamais tué» personne, est condamné le 20 juin 2011 à la réclusion criminelle à perpétuité. La cour motive notamment sa décision par les mises en causes des autres membres du commando et de leurs épouses.

Son pourvoi en cassation est rejeté le 11 juillet 2012, ce qui rend sa condamnation définitive. Il saisit ensuite la Cour européenne des droits de l’homme qui juge, le 8 décembre 2016, irrecevable sa requête pour violation de sa présomption d’innocence.

(AFP)

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