EspaceArtemis: la fusée lunaire a décollé
La fusée la plus puissante du monde, SLS, a pris son envol depuis son pas de tir en Floride, ce mercredi matin.
La fusée la plus puissante du monde, SLS, a décollé mercredi pour la première fois depuis la Floride, pour une mission marquant le grand début du programme américain de retour sur la Lune, Artemis.
Cette mission qui marque le début du retour de l’être humain sur la Lune devrait durer 42 jours, comme on peut le voir dans l’infographie ci-dessous. Nommée Artemis du nom de la déesse grecque Artémis, qui était la sœur jumelle d’Apollon, elle fait donc écho au premier programme lunaire de la NASA, Apollo. Et lors d’Artemis 3, c’est une femme qui devrait être la première à poser son pied sur Lune,
Deux minutes après le lancement, les propulseurs latéraux se sont détachés, pour retomber dans l’Atlantique. Après 8 minutes, le moteur principal s’est arrêté et détaché. Après 18 minutes, les panneaux solaires de la capsule Orion se sont déployés, comme prévu.
Après 51 minutes, le vaisseau s’est placé en orbite autour de la Terre. Après 1 h 38, une poussée a eu lieu, afin que la capsule quitte l’orbite terrestre. Enfin, l’étage supérieur de la fusée s’est détaché, laissant Orion se diriger vers la Lune, qu’elle devrait survoler au sixième jour de la mission.
La mission verra également le largage de 10 minisatellites (CubeSats), sept au point A, deux au point B et un au point C.
Cinquante ans après la dernière mission Apollo, ce vol test non habité, qui fera le tour de la Lune sans y atterrir, doit permettre de confirmer que le véhicule est sûr pour un futur équipage.
100 000 spectateurs
Malgré un lancement nocturne mercredi, quelque 100 000 personnes sont venues admirer le spectacle, notamment depuis les plages environnantes. De nombreux astronautes ont fait le déplacement, dont le Français Thomas Pesquet qui a twitté une magnifique photo du décollage de la fusée.
Pour la première fois, c’est une femme, Charlie Blackwell-Thompson, qui est la directrice des opérations de lancement. L’étage principal de la fusée, de couleur orange, est rempli de pas moins de 2,7 millions de litres d’oxygène et d’hydrogène liquides.
Cet été, une fuite d’hydrogène avait causé l’annulation de la deuxième tentative de décollage au dernier moment. Les procédures ont depuis été modifiées, et vérifiées avec succès lors d’un test. La première annulation était elle due à un capteur défectueux. Les responsables de la NASA n’ont cessé de répéter que ces problèmes étaient normaux pour un tout nouveau véhicule, que ses équipes apprennent à comprendre et manier.
D’ailleurs, cette nuit, comme lors des précédentes tentatives, les opérations de remplissage de la fusée avec son carburant cryogénique -- plus de 2,7 millions de litres d’hydrogène et de d’oxygène liquides -- ont donné du fil à retordre à la NASA.
Après plusieurs heures de remplissage sans accroc, une fuite d’hydrogène, ultra-inflammable, a été détectée au pied de la fusée. Une équipe de techniciens a dû être envoyée sur le pas de tir pour effectuer des réparations, qui ont duré environ une heure.
La fuite n’est pas réapparue lorsque le remplissage a repris et la fusée a décollé ce mercredi matin.