Luigi Taveri, une légende honorée

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MotocyclismeLuigi Taveri, une légende honorée

Triple champion du monde 125 cm3 au début des années 60, le Zurichois Luigi Taveri a été élevé à la dignité de «MotoGP Legend» à titre posthume. Son épouse Tilde et leur fille Blanca n’étaient pas les moins émues.

Jean-Claude Schertenleib
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Jean-Claude Schertenleib

C’était le 1er mars 2018, le «grand petit homme» rendait son dernier souffle. Cette immense personnalité, c’était Luigi Taveri, triple champion du monde 125 cm3 au service de Honda, une carrière qui a toujours été celle d’une honnêteté totale, de respect absolu. Il était l’ami personnel de Soïchiro Honda, qui aimait venir skier en Suisse l’hiver venu. Il est resté jusqu’au bout fidèle à sa passion, lui qu’on voyait une ou deux fois l’an sur un circuit jusqu’aux dernières années de sa vie.

Luigi Taveri en 2017.

Luigi Taveri en 2017.

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Quatre ans après sa disparition, Taveri est entré au «hall of fame» du MotoGP: «Je peux vous assurer que Luigi serait fier de se retrouver aux côtés de tant d’immenses champions», a expliqué, très émue, Blanca Taveri, la fille de Tilde et de Luigi. CEO de Dorna, le promoteur du championnat du monde, Carmelo Ezpeleta a rappelé son premier souvenir du premier Suisse champion du monde: «C’était en 1962, sur le circuit de Montjuich, à Barcelone. J’avais 16 ans et j’avais accompagné mon père pour voir le GP. Je me rappellerai toujours de son casque, rouge avec la croix blanche.»

Thomas Lüthi et Dominique Aegerter étaient bien sûr présents pour la cérémonie. Pour partager cette émotion avec une veuve et sa fille qui, elles le jurent, sont toujours aussi passionnées de course: «Chez nous, pas de décalage horaire: même s’il faut se réveiller à 5 heures du matin, nous sommes scotchées devant la télévision», sourit Blanca. Qui rappelle que son père était vraiment exceptionnel. En quoi? En tout.

En marge du GP d’Autriche, Luigi Taveri a été honoré. Son épouse Tilde Taveri (à g.) et sa fille Blanca Taveri entourent le pilote suisse Dominique Aegerter.

En marge du GP d’Autriche, Luigi Taveri a été honoré. Son épouse Tilde Taveri (à g.) et sa fille Blanca Taveri entourent le pilote suisse Dominique Aegerter.

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Homme de classe, homme de talent. Et une volonté hors norme: «En 1966, le titre 125 cm3 se jouait à Monza, parce que le GP du Japon qui suivait était organisé sur un circuit concurrent de Honda et aucun pilote de la marque n’y avait pris part. Papa était très malade le samedi, plus de 40 de fièvre, il a passé par l’hôpital, mais le lendemain, il a gagné en 125 cm3 et assuré ainsi son troisième titre mondial, avant de connaître plus de problèmes (3e place, quand même!) en 50 cm3, ce qui lui a coûté un deuxième sacre pour sa dernière saison.»

Márquez et l’orage

En Autriche, Marc Marquez a parlé de son avenir.

En Autriche, Marc Marquez a parlé de son avenir.

AFP

Marc Márquez est de retour dans le paddock et au moment précis où il parlait de sa situation, un orage d’une rare violence s’est abattu sur le Red Bull Ring, mettant fin pour des raisons de sécurité aux intéressantes paroles de l’octuple champion du monde: «J’ai un rendez-vous important la semaine prochaine avec les médecins, qui me diront si je peux augmenter les efforts sur mon bras droit. C’est à ce moment que je saurai quand je serai capable de reprendre le guidon. Je me sens bien, mieux que jamais depuis mon accident de 2020, mais je sais aussi que le doute existera jusqu’à ce que je retrouve la piste.»

Honda et l’exemple européen

Si Marc Márquez est revenu dans le paddock, «ce n’est pas pour aller regarder les motos au bord de la piste, mais bien parce que dans les moments difficiles, et c’en est un pour Honda, tout le monde doit aider. Quand tous les pilotes expriment les mêmes choses, c’est que le projet n’est pas dans le meilleur état possible. Ces deux dernières années, j’étais trop déconnecté en raison de mes blessures, je suivais tout cela de trop loin. Cette fois, je suis en contact permanent avec toute l’équipe, j’essaie de comprendre. On doit revoir le concept du team, je ne dis pas qu’il faut changer X ou Y, mais on constate de plus en plus que les Européens travaillent de manière différente. Le championnat change, les jeunes pilotes ont amené un style différent, tout cela nécessite des adaptations. Mais attention: nous ne devons pas paniquer, ce serait la pire des réactions.»

La phrase: Aleix Espargaró

«Quand je marche, cela fait encore mal. Mais comme je ne suis pas ici pour marcher…»

Aleix Espargaró

Au surlendemain de sa chute de Silverstone, donc au lendemain de sa courageuse neuvième place, Aleix Espargaró a subi de nouveaux contrôles radiographiques qui ont montré qu’il souffrait bien d’une fracture à son talon droit.

Aegerter: pas (encore) de calculs

Deux courses de MotoE sont au programme de ce GP d’Autriche, il en restera ensuite deux (à Misano, dans deux semaines). En tête de la Coupe F.I.M. avec 31,5 points d’avance sur le Brésilien Eric Granado, Dominique Aegerter ne veut pas encore faire trop de calculs.

Ce d’autant plus avec les conditions orageuses qui nous sont promises, spécialement vendredi pour les essais et les qualifications: «31,5 points d’avance alors qu’il y en a encore 100 en jeu, c’est à la fois peu et beaucoup. Donc, on regardera dimanche soir où j’en suis pour éventuellement établir un plan pour Misano», explique le Bernois, qui n’a toujours pas de précisions quant à son avenir: idéalement le passage en mondial Superbike avec une bonne Yamaha. «On m’avait promis une réponse à Most, puis après les 8 Heures de Suzuka. Maintenant, on devrait me donner des nouvelles à la reprise de notre championnat, le week-end des 10 et 11 septembre, à Magny-Cours.»

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