SOS Faons veut davantage de drones et de pilotes

Publié

Arc jurassienSOS Faons veut davantage de drones et de pilotes

Gérée par Aurore Lecerf, l’association se mobilise pour secourir davantage de cervidés lors de la prochaine fauche.

Vincent Donzé
par
Vincent Donzé

Survoler les champs avant la fauche avec une caméra thermique, c’est un moyen qui fait son chemin depuis que le canton de Vaud a développé un système de repérage des ongulés par des drones. C’était en 2017 et six ans plus tard, le système s’est répandu. La preuve du côté de Noiraigue (NE), où l’association SOS Faons animée par Aurore Lecerf de SOS Chats compte sur un financement participatif pour acquérir davantage de drones et former des pilotes.

«La période des foins, de mai à juillet, coïncide avec la période des mises bas chez les chevrettes», indique Aurore Lecerf. Se cacher dans l’herbe haute, c’est un piège mortel pour les faons qui s’exposent aux faucheuses en s’abritant des prédateurs. Le but des intervenants est de réduire un triste bilan national annuel: 3000 faons coupés en deux par une machine agricole.

Rosée matinale

Le repérage s’effectue d’une hauteur de 60 mètres. Quand elle a localisé un point qui représente potentiellement un faon, Aurore Lecerf vérifie l’information chaussée de bottes dans la rosée matinale. Le faon est tellement invisible que l’opération se déroule à deux pour ne pas marcher dessus: un intervenant s’avance un bras tendu et s’arrête lorsque à l’écran, sa main recouvre le faon.

Une caisse est posée à l’envers sur un jeune chevreuil, libéré après la fauche. Le toucher est interdit: une odeur étrangère tiendrait ses parents à l’écart. Les paysans sont sensibilisés et la demande est forte. En quatre ans, la technique utilisée par les bénévoles neuchâtelois a sauvé 300 faons.

Cinq drones sont à disposition de SOS Faons, qui en possède trois. Aurore Lecerf en veut davantage: elle a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme Yes We Farm, un drone équipé d’une caméra thermique valant 10 000 francs. Ce vendredi en milieu de journée, 30 contributeurs avaient versé ensemble 2400 francs.

Aurore Lecerf explique sa démarche sur la plate-forme Yes We Farm.

Aurore Lecerf explique sa démarche sur la plate-forme Yes We Farm.

SOS Faons

Côté jurassien, c’est l’association «SOS Sauvons les faons» qui remue ciel et terre pour acquérir de nouveaux drones et mieux couvrir les Franches-Montagnes. Le 15 mars prochain au restaurant de la Poste de Glovelier, une séance de présentation sera organisée principalement à l’intention des agriculteurs.

Ton opinion