PérouUn mort et un blessé lors de heurts en marge d’une manifestation
Le bilan des manifestations contre la présidente péruvienne est passé à 43 morts mercredi, après de nouveaux heurts dans le sud du pays.
Au moins une personne est décédée lors de heurts entre manifestants et policiers à Macusani, une ville andine du sud du Pérou près de la frontière bolivienne, a annoncé mercredi dans un communiqué l’hôpital San Martin de Porres de Macusani.
«À 18 h 20 (0 h 20 en Suisse), une personne de sexe féminin de 35 ans environ, qui ne présentait pas de signes vitaux, est arrivée aux urgences», selon l’hôpital. Ce décès porte à 43 le nombre de morts depuis le début de la crise le 7 décembre.
Le communiqué parle aussi d’un «pronostic (vital) réservé» pour un homme «de 30 ans» blessé au «thorax».
Ce décès survient alors que des milliers de paysans andins ont convergé ces derniers jours vers Lima pour prendre part jeudi à un grand rassemblement. Selon les médias locaux, le commissariat de la ville a été brûlé lors de ces heurts.
«traîtresse»
Le Pérou est secoué par des troubles qui ont éclaté après la destitution et l’arrestation le 7 décembre du président de gauche Pedro Castillo, accusé d’avoir tenté de perpétrer un coup d’État en voulant dissoudre le Parlement qui s’apprêtait à le chasser du pouvoir.
Les manifestants qui proviennent majoritairement des régions andines du sud, exigent la démission de la nouvelle présidente Dina Boluarte, la dissolution du Parlement, une Assemblée constituante et des élections.
Dina Boluarte, qui était la vice-présidente de Pedro Castillo et est d’origine andine, lui a succédé conformément à la Constitution. Elle est issue du même parti que lui mais les manifestants voient en elle une «traîtresse».
Afin d’enrayer le mouvement de protestation, le gouvernement a décrété dimanche l’état d’urgence pour 30 jours à Lima, Cuzco, Callao et justement Puno, une des régions les plus affectées.
L’état d’urgence permet à l’armée d’intervenir pour maintenir l’ordre et suspend aussi les libertés de réunion et de circulation. Le Gouvernement avait déjà décrété l’état d’urgence sur tout le territoire en décembre pour 30 jours.