Guerre en UkraineL’UE valide la candidature de l’Ukraine et de la Moldavie
Quatre mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne a validé la candidature de Kiev, mais aussi de la Moldavie, pour entrer dans l’UE.

Kiev a obtenu, jeudi, le statut de candidat au sein de l’Union européenne.
ReutersL’Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, a entériné, jeudi, la candidature de l’Ukraine, une étape hautement symbolique près de quatre mois après l’invasion lancée par l’armée russe, qui continue de progresser dans l’est à coups de bombardements destructeurs.
L’annonce de la validation de la candidature de Kiev, et de celle de la Moldavie, a été faite par le président du Conseil européen, Charles Michel, qui a évoqué un «moment historique». Cette décision très attendue par l’Ukraine marque le début d’un processus long et complexe en vue d’une adhésion. «C’est un moment unique et historique dans les relations Ukraine-UE», s’est félicité très rapidement sur Twitter le président ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant que, «l’avenir de l’Ukraine se trouve au sein de l’UE».
Accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne, «c’est le point de départ d’une nouvelle histoire pour l’Europe», a affirmé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky aux Vingt-Sept réunis lors d’un sommet européen à Bruxelles.
«Aujourd’hui, vous avez pris une des décisions les plus importantes pour l’Ukraine depuis son indépendance il y a trente ans (ndlr: en 1991)», a salué M. Zelensky dans une allocution en visioconférence. «C’est le plus grand pas vers le renforcement (politique) de l’Europe», a-t-il déclaré depuis Kiev.
«Le résultat espéré»
«Quel chemin nous avons parcouru en trois mois!» s’est encore enthousiasmé le président ukrainien, vêtu de son habituel T-shirt kaki, dont le pays a lancé les démarches pour obtenir le statut de candidat à l’adhésion à l’UE quelques jours après le début de l’invasion russe, fin février. Il a dit espérer une «Europe sans divisions, sans «zones grises», qui «sache se défendre et défendre ses valeurs, son avenir».
«Aujourd’hui, c’est le résultat espéré», s’est-il réjoui, s’adressant à chaque dirigeant européen l’un après l’autre, ainsi qu’à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et à Charles Michel, président du Conseil européen, qu’il a remerciés pour leur «leadership» et leur «foi» en l’Ukraine.
Au président français Emmanuel Macron, dont le pays assure la présidence du Conseil de l’UE jusqu’à fin juin, il a affirmé: «Vous pouvez être sûrs qu’avec l’Ukraine du XXIe siècle, l’Europe pourra figurer parmi les leaders mondiaux.»
«Merci d’avoir rendu possible une nouvelle histoire pour l’Ukraine, une nouvelle histoire pour l’Europe, (une Europe) encore plus forte, plus libre», a-t-il conclu lors d’une allocution de moins de dix minutes, avant d’être applaudi par l’ensemble des dirigeants européens.
«Consensus total»
L’Exécutif européen avait rendu il y a quelques jours un avis favorable sur la candidature de l’Ukraine et, mardi, la France, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, avait indiqué qu’un «consensus total» entre les Vingt-Sept avait émergé sur cette question.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui ne cesse de répéter l’appartenance de son pays à la «famille européenne», a mené un véritable «marathon téléphonique» auprès des dirigeants européens pour s’assurer du consensus en faveur du oui.
Il pouvait compter sur le soutien de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui avait appelé les dirigeants européens à «se montrer à la hauteur» en accédant à la demande de Kiev. Ce scénario, inimaginable récemment encore, s’est imposé aux Vingt-Sept avec la guerre menée par la Russie depuis près de quatre mois contre l’Ukraine.
«C’est une bonne chose»
Le président russe Vladimir Poutine a d’ailleurs profité d’un sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), organisé le même jour que celui de Bruxelles, pour dénoncer les «actions égoïstes» des pays occidentaux et appeler à un leadership des BRICS pour «créer un système réellement multipolaire», un leitmotiv de la rhétorique du Kremlin.
Bloqués depuis des années dans l’antichambre de l’UE, les pays des Balkans occidentaux déjà candidats à l’adhésion n’ont de leur côté pas caché leur amertume face à la longueur des procédures. «C’est une bonne chose de donner le statut» de candidat à Kiev, a dit le premier ministre albanais Edi Rama avant une réunion à Bruxelles avec les dirigeants européens. Mais il a conseillé aux Ukrainiens de ne «pas se faire d’illusions» sur une adhésion rapide par la suite.
Le statut de candidat à l’Union européenne accordé jeudi à l’Ukraine et à la Moldavie par les Vingt-Sept est un «signal très fort vis-à-vis de la Russie», a estimé le président français. Emmanuel Macron, dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, a salué «un geste politique» de «l’Europe forte et unie», lors d’une conférence de presse à Bruxelles où se tient un sommet européen.
«Journée historique»
La présidente moldave Maia Sandu a salué, jeudi, une «journée historique», après la décision des Vingt-Sept d’accorder le statut de candidat à l’Union européenne à la Moldavie. «C’est une journée historique pour la Moldavie!» a écrit Maia Sandu sur Facebook. «Nous commençons le chemin vers l’UE qui apportera aux Moldaves la prospérité, donnera davantage de possibilités et assurera un meilleur ordre dans le pays», a-t-elle affirmé.
La présidente géorgienne Salomé Zourabichvili a déclaré jeudi que son pays était déterminé à prendre les mesures nécessaires pour obtenir le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne, que les dirigeants européens ne lui ont pas accordé, réclamant de nouvelles réformes.
«Nous sommes prêts à travailler avec détermination au cours des prochains mois pour obtenir le statut de candidat», a déclaré Salomé Zourabichvili sur Twitter, après que les dirigeants de l’UE lui ont néanmoins reconnu la «perspective» de rejoindre un jour l’Union.