Paris: militants écolos traînés hors de l’autoroute par des automobilistes

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ParisManifestants écolos traînés hors de l’autoroute par des automobilistes

L’action du collectif Dernière rénovation, vendredi sur l’A6 au sud de Paris, a tourné au vinaigre lorsque des conducteurs excédés en sont venus aux mains pour faire dégager les militants.

Une manifestation du mouvement écologiste Dernière rénovation, qui a bloqué vendredi soir l’autoroute A6 au sud de Paris, provoquant de gros embouteillages en pleine heure de pointe, a viré à l’affrontement avec des automobilistes lorsque ceux-ci sont sortis de leurs véhicules pour faire dégager eux-mêmes la dizaine de militants assis sur la chaussée.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des conducteurs excédés traînant sur le sol et frappant les protestataires, avant que les forces de l’ordre n’arrivent sur les lieux, une demi-heure après le début de la manif, mettant un terme à l’action du collectif. Les militants ont affirmé vouloir s’inscrire dans le contexte de la «grogne sociale» et multiplier les actions de désobéissance civile dans les prochaines semaines.

Le but de l’action de «désobéissance civile» sur l’autoroute est de «contraindre le gouvernement à adopter un plan ambitieux de rénovation thermique des bâtiments d’ici 2040, premier pas vers une réduction significative des émissions carbone de la France», selon un communiqué du collectif. «Aujourd’hui, il nous reste seulement 880 jours si on veut maintenir un monde vivable. Alors, voilà pourquoi je suis là! (…) Je suis désolée de bloquer ces gens, je n’ai aucun plaisir à être là», a indiqué Rachel, 20 ans, qui n’a pas voulu dévoiler son nom.

Intrusion à l’opéra

Dans la soirée, un jeune homme portant un tee-shirt blanc où l’on pouvait lire l’inscription en anglais «We have 879 days left» (il nous reste 879 jours) a interrompu une représentation de «La Flûte enchantée» à l’Opéra Bastille, à Paris, en s’attachant par le cou avec un antivol de vélo à une échelle qui constituait un des éléments du décor.

Le militant, monté sur la scène durant l’acte 2 vers 21 h 30, a seulement eu le temps de crier «si je suis là ce soir, c’est pas par plaisir» avant que le rideau ne tombe sous les sifflets et les huées du public, dont une partie criait: «Dégage!» La représentation a été interrompue une dizaine de minutes, le jeune homme a été évacué, a indiqué un membre du personnel de l’Opéra. Le collectif Dernière Rénovation a revendiqué sur Twitter cette action de «résistance civile» attribuée à «Victor, 25 ans, citoyen engagé» qui voulait «alerter face au danger du dérèglement climatique».

Jugés pour avoir interrompu le Tour de France

Le collectif a déjà mené des actions de «désobéissance» depuis le printemps, au tournoi de tennis de Roland-Garros puis en interrompant le Tour de France cycliste et en bloquant le périphérique de Paris. Six militants seront jugés le 22 novembre à Auch (sud) du chef d’«entrave à la circulation des véhicules» sur le Tour de France. Le 16 octobre, un militant du mouvement a également fait irruption sur la pelouse du Parc des Princes à Paris lors du Classico PSG-OM.

«Après avoir tout essayé pour faire entendre raison à nos responsables politiques (…), la résistance civile non-violente est notre meilleure chance d’obtenir un réel changement», estime le collectif.

(AFP/egr)

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