Championnats suisses de curlingSur ses gardes, le Team Schwaller a réussi son entrée en piste
À Sous-Moulin, l’équipe du CC 3 Chêne Genève a dominé ses deux rivaux bernois et confirmé son rôle de favori.

Très concentré comme ses coéquipiers, Yannick Schwaller n’a pas manqué ses débuts «à la maison».
BASTIEN GALLAYUn an après, le curling suisse a repris ses quartiers sur la piste de Sous-Moulin, à Thônex. Durant une semaine, les meilleures équipes du pays se jetteront la pierre en toute courtoisie mais avec le balai entre les dents. Plus que les titres nationaux mis en jeu, ce sont les visas pour les Mondiaux de Sandviken (dames) et d’Ottawa (messieurs), promis aux vainqueurs, qui aiguisent leur appétit.
15 médailles en vitrine
Si on voit mal le HBL Aarau de Silvana Tirizoni, triple champion du monde en titre, mordre la glace, il faudrait en revanche un miracle pour que Bern Zähringer, le lauréat sortant, renoue avec la victoire. Et pour cause, Yannick Schwaller, son ancien skip, conduit désormais le quatuor du CC3C Genève, une véritable «dream team» qui compte à son palmarès international quinze médailles. Samedi, le choc entre les deux formations s’est dégonflé après sept ends (7-2) et la capitulation des curleurs bernois, désormais emmenés par Michael Brunner.
À Sous-Moulin, il existe deux points de vue et trois décors pour apprécier le spectacle. Ambiance cosy dans le restaurant vitré du Dolly où l’on surplombe les parties en savourant une fondue. Cadre plus rude à l’étage supérieur où l’on se distrait en suant au fitness. Atmosphère plus tonique dans la halle où le froid mordille et les vociférations des curleurs vrillent les tympans. Car il faut aussi du coffre pour jouer juste, pour guider le bal des balayeurs.
«C’est un succès plus serré qu’il n’y paraît et plus important qu’on pourrait le croire.»
Il y a un an, Yannick Schwaller s’était déchaîné ici pour faire la nique au Team de Cruz, rentré à plat des JO de Pékin. Un titre rageur avant de déchanter aux Mondiaux de Calgary, puis d’annoncer son transfert à Genève. Là, il est «à la maison», mais sur une glace qu’il doit encore apprivoiser. «Avec lui, on a fait un super début de saison. On s’entend bien, plutôt en allemand, car c’est lui le chef», indique Benoît Schwarz, le dernier Genevois de la bande après la retraite de Peter de Cruz (devenu manager général du club) et de Valentin Tanner, toujours prêt à donner un coup de main.
À Sous-Moulin, Schwarz s’est montré satisfait de ce premier succès, scellé au 5e end après avoir volé trois pierres à Bern Zähringer. Mais il n’a pas roulé les mécaniques. «C’est un succès plus serré qu’il n’y paraît et plus important qu’on pourrait le croire. On sait où on a commis des erreurs et où il faudra corriger le tir», a confié le No 4 de l’équipe à sa sortie de la piste.
Un coup de quatre
Vice-champion d’Europe l’automne dernier à Östersund et archi-favori de la compétition, le Team Schwaller s’en voudrait de glisser négligemment sur une peau de banane. C’est donc de façon tout aussi soigneuse – à l’image du Lausannois Pablo Lachat, très méticuleux quand il astique les pierres de son équipe! - qu’il a remporté ce dimanche son deuxième match (9-5) face à Bern Inter grâce à un coup de quatre déterminant dans le 4e end. Au prochain, ce lundi à 19 h 30, il fera pareil.