FootballRéaliste, Patrick Pflücke retient «la victoire»
L’ailier allemand a inscrit son premier but sous le maillot servettien contre Winterthour (1-0) samedi. Un penalty qui compte beaucoup.


Patrick Pflücke savoure le moment: il a donné la victoire à Servette samedi.
Bastien GallayPatrick Pflücke l’a appris par la presse: à la sortie de son match contre Winterthour, Servette trônait en tête de la Super League. Peut-être une simple histoire d’heures, et quoi qu’il en soit de jours. Mais l’ailier allemand s’imagine bien savourer le moment: «Stop the count!» a-t-il lancé, le sourire tirant jusqu’à ses oreilles.
Une boutade, avant une réflexion qui a pu mûrir: «Il faut noter que nous avons joué jusqu’ici contre de très bonnes équipes, à l’instar de Saint-Gall ou Bâle, contre qui, avec même un tout petit peu de réussite, nous aurions pu gagner, estime-t-il. Et puis, à Sion, c’était un derby, donc ce n’était pas facile.» Manière de raconter que le début de saison servettien est pour l’instant une réussite.
Adaptation difficile
Même si le succès laborieux contre Winterthour incite à la mesure: «On retient la victoire, forcément, ne se cache pas Pflücke. Elle est importante pour nous. Parce que cela a été un match très difficile, face à un bloc qui défendait très bas. Ce n’était pas simple de se trouver des espaces. Mais au final, nous avons gagné et c’est ce qui compte.» Manque de créativité ou d’efficacité? «Bonne question, mais c’est clair que nous pourrions faire mieux à la création.»
«Je n’ai pas tergiversé avant le penalty, parce que je me sens en confiance et il fallait simplement que je me concentre sur mon tir»
Il est forcément concerné, lui qui a tenté samedi soir, mais a souvent manqué de justesse avant d’inscrire le seul but du match sur penalty. Notamment, dans le dernier geste, à l’instar de son manqué deux minutes avant le 1-0, alors que le portier zurichois Timothy Fayulu n’était plus dans sa cage: «C’est le football, il y a eu un petit rebond, j’aurais dû tirer avant. Mais je n’ai pas tergiversé avant le penalty, parce que je me sens en confiance et il fallait simplement que je me concentre sur mon tir.»
Cela a fonctionné. Arrivé cet été à Servette, Patrick Pflücke a donc inscrit son premier but, lui qui en avait accumulé un paquet en D2 néerlandaise la saison dernière (14 buts avec Roda): «Ce n’est pas facile de s’adapter à un nouveau club, reconnaît-il. Mais je fais en sorte que cela se passe mieux tous les jours et les gars m’aident à prendre confiance. Et c’est super d’avoir marqué mon premier but aujourd’hui (ndlr: samedi).»
L’entrée décisive de Fofana
Ce but-là, Pflücke le doit notamment à Boubacar Fofana. L’entrée de l’ailier français a donné une autre allure au match, jusqu’à obtenir le penalty décisif: «Ce sont des gestes que l’on fait dans le feu de l’action, sans y réfléchir vraiment, il y a pas mal d’improvisation.»
Suffisant pour être le match-winner. «Je ne crois pas non, reste-t-il modeste. Au fond, j’ai profité du gros travail effectué par mes coéquipiers avant mon entrée. Il fallait apporter de la percussion, des appels, de la vivacité, et oui, ça correspond un peu à mon jeu. Mais moi, j’essaie simplement d’être bon sur les minutes qu’on me donne.»

Boubacar Fofana a obtenu le penalty décisif.
Bastien GallaySamedi, il l’a été. À un poste qui n’est pas forcément le sien, en pointe de l’attaque: «Ce n’est pas mon rôle préférentiel, considère l’ancien Lyonnais. Mais j’apprends à l’aimer, puisqu’il comporte quelques aspects intéressants, comme le fait de pouvoir se retrouver dans la surface.»
«Je suis désormais à 100% depuis deux ou trois semaines»
Touché au ligament croisé il y a un an, le privant de compétition durant toute la saison passée, Fofana revient donc en forme, lui qui a un profil unique dans le contingent servettien: «Je suis désormais à 100% depuis deux ou trois semaines, assure-t-il. Je dois simplement rester concentré, me tenir prêt et prendre du plaisir à chaque fois qu’on m’en donne l’opportunité. Le vent finira par tourner.» Samedi, c’est lui qui l’a fait souffler dans le bon sens.