Hong KongJournalistes inquiets après la fermeture d’un troisième média
À Hong Kong, les sites d’information indépendants du pouvoir chinois ferment les uns après les autres. Dernier en date, CitizenNews se taira dès lundi soir, par crainte pour la sécurité de ses employés.

Pour Chris Yeung, cofondateur de CitizenNews, «il est difficile de connaître les contours d’application de la loi et nous ne pouvons plus nous sentir en sécurité pour travailler».
AFPLes journalistes du site d’information de Hong Kong CitizenNews ont dénoncé, lundi, le déclin de la liberté de la presse dans le territoire, quelques heures après avoir annoncé une cessation de leurs activités par crainte pour leur sécurité.
Cette fermeture intervient moins d’une semaine après celle du site d’information prodémocratie Stand News, qui a été visé par des perquisitions et sept arrestations pour «publication séditieuse», le dernier exemple en date de la répression exercée sur la presse locale par les autorités, fidèles à Pékin.
Plus de 800’000 abonnés sur les réseaux sociaux
CitizenNews, un site d’information non partisan fondé en 2017 par un groupe de journalistes chevronnés et financé par ses lecteurs, est l’un des organes d’information en ligne les plus populaires de Hong Kong, avec plus de 800’000 abonnés sur les réseaux sociaux. Il a annoncé sa fermeture dimanche, précisant que son site internet ne serait plus mis à jour à compter de lundi soir minuit.
À l’occasion de cette dernière journée, les journalistes ont expliqué que leur décision a pour origine le raid effectué la semaine dernière au sein de Stand News. «Nous avons fait de notre mieux pour ne violer aucune loi, mais il est difficile de connaître les contours d’application de la loi et nous ne pouvons plus nous sentir en sécurité pour travailler», a déclaré aux journalistes Chris Yeung, cofondateur de CitizenNews et ancien président de l’Association des journalistes de Hong Kong (HKJA).
Chris Yeung a déclaré que sa rédaction n’avait pas été contactée par les forces de l’ordre, mais qu’elle a décidé de fermer en raison de ce qui s’est produit au sein des autres médias. «Pouvons-nous travailler sur des ‘nouvelles sûres’? Je ne sais même pas ce qu’est une ‘information sûre’», a déclaré la rédactrice en chef Daisy Li, également ancienne présidente de la HKJA, à la presse.
Pékin montre les muscles
L’ex-colonie britannique a longtemps été considérée, du fait de sa grande autonomie vis-à-vis de Pékin, comme un bastion de la liberté de la presse en Asie, et de nombreux médias internationaux y avaient établi leurs sièges régionaux. Mais le climat pour la presse s’est considérablement dégradé avec la reprise en main musclée qui a suivi la mobilisation populaire de 2019. Une loi draconienne sur la sécurité nationale, imposée par Pékin en 2020, est devenue le principal instrument de répression contre la dissidence. En juin, le journal prodémocratie «Apple Daily» avait fermé après le gel de ses actifs et l’arrestation de ses dirigeants.