Jura«Ces rave partys sont dantesques»
Le maire des Breuleux (JU) reste combatif face aux fêtes illégales bien que le son illégal qui a arrosé sa commune provenait de Cormoret (BE).


Le maire Renaud Baume cherche un moyen de se débarrasser des raveurs.
lematin.ch/Vincent DonzéDu purin sur une rave party, c’est le fait d’armes survenu aux Breuleux le 6 novembre dernier. Avant l’intervention d’un agriculteur, c’est le maire Renaud Baume qui avait sermonné les raveurs, réunis à 50 dans une clairière pour un anniversaire. Rebelote dimanche, avec une fête techno clandestine qui a écourté la grasse matinée, mais si le son parvenait aux Breuleux, les raveurs genevois et français dans leur majorité se trouvaient sur le territoire communal de Cormoret.
«Ces rave partys sont dantesques», lâche Renaud Baume, en estimant à 350 le nombre de participants du week-end écoulé, sur un terrain de la bourgeoisie de Cormoret. «C’est déjà la deuxième de l’hiver. S’ils viennent quand il fait froid, qu’est-ce que ça va être cet été?» s’est demandé le maire dans «Le Quotidien Jurassien».
Entrer à pied
Samedi dernier, les participants ont stationné leurs véhicules sur une vaste place de parcs du Mont-Crosin, pour entrer à pied dans la forêt. Renaud Baume ne pense pas que le changement de commune et de canton est stratégique, mais plutôt pratique, en fonction des accès.
À Cormoret, le maire Gérard Py n’a rien entendu, sa commune étant séparée de la rave party par une butte. Mais une concertation est souhaitée par son homologue des Breuleux: «Les polices cantonales doivent être synchronisées, avec une stratégie unique», estime Renaud Baume.

La commune des Breuleux (JU) est une destination appréciée des raveurs.
lematin.ch/Vincent DonzéLes raveurs ont ramassé leurs déchets à Cormoret, mais Renaud Baume déplore l’absence de WC mobile: «Ils s’écartent du chemin pour faire leurs besoins dans la forêt, accessible par les animaux de rente», remarque-t-il. Le maire a déclaré au «QJ» que «les agriculteurs sont à cran»: «Ils étaient prêts à aller remplir leurs tonneaux de purin» pour asperger les fêtards en tracteur.
Après la police jurassienne aux Breuleux, la police bernoise est intervenue à Cormoret avec pour mission d’obtenir les coordonnées d’un organisateur. C’est chose faite, mais Renaud Baume ne croit pas à l’effet dissuasif d’une amende: «Les organisateurs encaissent une entrée et la recette suivante servira à rembourser celui qui sera condamné», suppose le maire.
Séquestrer le matériel
Renaud Baume salue l’intervention de la police cantonale bernoise, dimanche dernier: «Les immatriculations des véhicules ont été contrôlées et pour les stupéfiants, les policiers ont pris le temps nécessaire». La solution préconisée par le maire des Breuleux n’a pas changé: «Il faut séquestrer le matériel: la génératrice et la sonorisation». Encore faut-il une base légale.
«On ne peut pas interrompre une rave party lorsqu’elle a débuté, mais il faut empêcher la suivante», conclut le maire des Breuleux, prêt pour une guerre d’usure. En cas de récidive, «ça va dégénérer», craint le maire des Breuleux, au cœur des Franches-Montagnes.