Maghreb – Pour le FMI, la Tunisie doit mener des «réformes très profondes» 

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MaghrebPour le FMI, la Tunisie doit mener des «réformes très profondes»

En vue de financements internationaux, la Tunisie doit mener «des réformes très profondes». Le représentant du Fonds monétaire international estime qu’il faut réduire le poids de la fonction publique.

Dès sa formation, en octobre – plus de deux mois après le coup de force du président Kais Saied, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs –, le nouveau gouvernement tunisien a demandé un nouveau programme d’aide au Fonds monétaire international.

Dès sa formation, en octobre – plus de deux mois après le coup de force du président Kais Saied, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs –, le nouveau gouvernement tunisien a demandé un nouveau programme d’aide au Fonds monétaire international.

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Au terme de son mandat de trois ans, le représentant du Fonds monétaire international (FMI) en Tunisie, Jérôme Vacher, rappelle que le pays a connu, à cause du Covid-19, «sa plus grave récession depuis l’indépendance», en 1956. Il souligne cependant que «les maux du pays étaient préexistants, en particulier les déficits budgétaires et une dette publique (près de 100% du PIB fin 2021) qui se sont aggravés».

Après une chute de quasiment 9% du PIB en 2020, la croissance est revenue à un peu plus de 3% en 2021, avec autant de prévu pour 2022. Elle reste toutefois «faible et très largement insuffisante» pour résorber un taux de chômage qui dépasse les 18%, et est «élevé aussi parmi les jeunes diplômés», estime Jérôme Vacher. Il observe toutefois qu’«une main-d’œuvre qualifiée, un capital humain de très bonne qualité et une localisation géographique favorable» sont des atouts pour le pays.

Dès sa formation, en octobre – plus de deux mois après le coup de force du président Kais Saied, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet –, le gouvernement de Najla Bouden a demandé un nouveau programme d’aide au FMI.

Avant la fin mars?

Les autorités tunisiennes se disent optimistes sur la possibilité d’un accord avant la fin du premier trimestre 2022. Mais selon Jérôme Vacher, les discussions n’en sont qu’à un stade préliminaire, et le FMI veut d’abord «comprendre quelles sont leurs intentions en matière de réformes économiques», car «il y a un besoin de réformes très profondes, structurelles». Il faut «un programme solide et crédible sur le moyen terme et communiqué à la population, même si cela implique d’expliquer les difficultés», dit-il.

Néanmoins, «dans la mesure où il y a déjà un effort technique qui est engagé» par le gouvernement et qu’il y a «une compréhension des principaux défis et des principaux problèmes, c’est déjà une bonne base pour préparer et s’engager sur un programme de réformes». Parmi les urgences, Jérôme Vacher mentionne le «poids important» de la fonction publique (16% du PIB), les salaires des 650’000 fonctionnaires absorbant plus de la moitié des dépenses annuelles de l’État, «sans compter les collectivités locales et les entreprises publiques».

Cette «situation particulière» de la Tunisie, où «la masse salariale de la fonction publique est l’une des plus élevées au monde», empêche le pays d’augmenter «ses dépenses d’avenir, d’investissements, d’éducation et de santé», déplore le représentant du FMI.

Réformer aussi les entreprises publiques et les subventions

Autre urgence: «une réforme profonde des entreprises publiques», présentes dans de multiples secteurs (télécoms, électricité, eau potable, transport aérien), souvent monopolistiques et qui emploient au moins 150’000 personnes. Le FMI préconise d’ailleurs d’accompagner une refonte du système des subventions (carburants, produits de première nécessité) par des mécanismes de compensation à destination des populations plus défavorisées.

Pas de gros remboursement à court terme

(AFP)

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