Football - Marco Walker: «Ces gens-là ne doivent pas exister»

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FootballMarco Walker: «Ces gens-là ne doivent pas exister»

À Saint-Gall, le match a dégénéré au coup de sifflet final. À l’origine de cette bataille rangée, les insultes racistes dont aurait été victime Timothy Fayulu, le portier du FC Sion, soutenu par son entraîneur.

Nicolas Jacquier
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Nicolas Jacquier
Confusion et scènes de désolation au coup de sifflet final. Timothy Fayulu (en jaune) est réconforté par Gelson Fernandes, vice-président du FC Sion.

Confusion et scènes de désolation au coup de sifflet final. Timothy Fayulu (en jaune) est réconforté par Gelson Fernandes, vice-président du FC Sion.

Claudio Thoma/freshfocus

Que s’est-il exactement passé samedi soir au Kybunpark pour que la soirée dégénère et que des joueurs ainsi que des dirigeants disjonctent à ce point?

Jusqu’à la 94e, le match avait certes été engagé mais plutôt correct. Mais il est parti en vrille après l’égalisation obtenue par Guillaume Hoarau. Et les coups et les provocations, mettant en scène aussi bien des joueurs que des dirigeants, se sont enchaînés dans la plus grande confusion. À l’origine de cette explosion de violence, des insultes racistes dont aurait été victime Timothy Fayulu à la fin de la rencontre au moment d’aller chercher son linge au fond de sa cage. Des insultes apparemment proférées par les ultras saint-gallois de l’Espenblock.

«On voit que cela arrive partout, en Europe mais aussi chez nous en Suisse. C’est vraiment la calamité du football…»

Marco Walker, coach du FC Sion

«Ces gens-là ne doivent pas exister, on ne peut pas l’accepter, devait lâcher Marco Walker au moment de vigoureusement condamner de tels agissements. On voit que cela arrive partout, en Europe mais aussi chez nous en Suisse. C’est vraiment la calamité du football…»

Si le Soleurois s’était tenu à l’écart, plusieurs membres de son staff ont semble-t-il été impliqués dans les débordements qui se sont produits.

«Aucun d’entre nous ne doit se retrouver à donner ou à recevoir des coups»

Marco Walker, coach du FC Sion

«Je vais mettre les choses au point, assurait Walker. Aucun d’entre nous ne doit se retrouver à donner ou à recevoir des coups. Il y a quatre arbitres, c’est à eux de faire régner le calme entre les joueurs.»

Les déplorables incidents qui devaient éclater dès le coup de sifflet final ont réussi à éclipser la bonne performance du FC Sion, arrachant dans les arrêts de jeu un point mérité (1-1) après avoir été privé d’un penalty évident échappant aussi bien à l’arbitre qu’à la VAR.

«Le racisme n’existe pas à Saint-Gall. À tous les étages du club, on fait beaucoup d’actions de prévention dans ce sens»

Peter Zeidler, coach du FC Saint-Gall

Pour sa part, Peter Zeidler, que l’on avait vu se fritter auparavant avec Barthélémy Constantin, s’efforçait de dédramatiser la situation. «Je n’ai rien entendu. Ce que je peux dire par contre, c’est que le racisme n’existe pas à Saint-Gall. À tous les étages du club, on fait beaucoup d’actions dans ce sens. En ce qui concerne la couleur de la peau, nous sommes une équipe moitié-moitié (…) Je ne sais pas ce que Timothy a vraiment entendu. Ses cris ne sont que des spéculations.»

Mise au point avec Cavaré

Avant cela, le coach du FC Saint-Gall avait été s’expliquer énergiquement avec Dimitri Cavaré, qui avait blessé voici quelques mois et laissé sur la touche son défenseur Miro Mulheim. «Je l’ai félicité pour son match mais je lui ai rappelé la faute très grave dont il s’était fait l’auteur ce printemps. Je lui ai dit de ne pas oublier cette faute.»

Alors que Gelson Fernandes avait été ceinturé par son directeur sportif pour l’enjoindre de quitter le ring improvisé, les insultes ont redoublé d’intensité quand les joueurs du FC Sion ont voulu aller saluer leurs supporters. «Je ne suis pas fier de cela, reprend Zeidler. Ce que l’on a vécu, c’est une grosse frustration. Mais les émotions, c’est la vie, c’est le foot. C’était comme dans une ambiance de kermesse.»

Vraiment? Ces débordements n’ont vraiment pas lieu d’être… Dès la fin de la rencontre, le FC Sion exigeait des sanctions exemplaires. Qui pourraient aller de la fermeture de la tribune accueillant le kop saint-gallois pour un ou plusieurs matches à des points retranchés.

Si les faits devaient être confirmés (et rien n’indique qu’ils ne puissent pas l’être), les dirigeants du football helvétique se doivent d’être intransigeants et de frapper fort.

Fayulu en pleurs dans les vestiaires

C’est dévasté par ce qu’il avait entendu - des insultes racistes, exprimées avec des cris de singe - que Timothy Fayulu (22 ans) a regagné les vestiaires après ces échauffourées. «Il était en pleurs, ne comprenant pas ce qui venait de se passer», témoigne Baptiste Coppey, le responsable de presse du FC Sion. Si le gardien a fini par provoquer ceux qui l’avaient insulté, ce qui devait lui valoir un avertissement, c’est pour répondre aux attaques racistes dont il avait été l’objet.

Dans les catacombes du Kybunpark, les responsables du FC Sion ont tenu à protéger le jeune gardien, qui ne s’est pas exprimé devant les médias. Le club valaisan et Fayulu se réservent le droit de déposer plainte en début de semaine. Le cas devrait aussi provoquer l’ouverture d’une enquête de la part de la Swiss Football League. Ce qui s’est passé à Saint-Gall ne restera sans doute pas impuni. D’autant qu’un cas similaire était déjà arrivé au printemps 2020, impliquant cette fois Aiyegun Tosin, l’attaquant du FC Zurich, visé par les mêmes actes abjects lors du 4-0 obtenu contre les Verts.

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