Qatar 2022Après le Mondial, le point sur les sélectionneurs des grandes nations
La Coupe du monde finie, plusieurs grandes puissances du football vont voir du mouvement sur leur banc. Où en est chaque pays?

Didier Deschamps continuera-t-il son périple à la tête de l’équipe de France?
IMAGO/Agencia EFELa Coupe du monde, c’est fini. Et alors que les Argentins baignent dans l’euphorie, pour quantité d’autres équipes nationales, l’heure est aux questions dérangeantes. À commencer par celles qui concernent leur sélectionneur respectif. Dans l’esprit de plusieurs présidents de Fédération, l’humeur est au changement. Encore faut-il avoir des choix sous la main…
Brésil
Tite a fait ses valises, emportant son football restrictif avec le reste de ses effets personnels. Problème, au moment de lister les potentiels successeurs, aucun nom brésilien ne fait l’unanimité.
Pour se voir confier la mission d’emmener la Seleçao vers les sommets, le CV se doit d’être clinquant. Or, des entraîneurs brésiliens qui ont convaincu ces dernières années en club, il semble y en avoir trop peu. Le Brésil paie ici sa culture du licenciement facile: la durée de vie moyenne d’un entraîneur y est de… 163 jours. Difficile de s’inscrire dans la continuité et, à plus forte raison, de briller.
C’est peut-être pour cette raison que plusieurs observateurs mentionnent des noms étrangers au moment d’évoquer la relève de Tite. Ronaldo, par exemple, voit les choses en grand: «J’aimerais beaucoup voir des noms comme Guardiola, Ancelotti ou Mourinho en tant que sélectionneur du Brésil», s’est enflammé le «Fenomeno».
Si l’intérêt de la Fédération brésilienne (CBF) pour Pep Guardiola ne date pas d’hier, difficile de l’imaginer – lui ou une autre légende européenne – à la tête de la «Canarinha». Diniz, actuel entraîneur de Flumimense, dont le nom revient avec insistance ces dernières heures, ou Abel Ferreira, actuel entraîneur portugais de Palmeiras sont des options plus réalistes. En attendant, la CBF temporise: le patronyme du nouveau sélectionneur ne sera pas connu avant 2023.
Angleterre
Les débats sur le futur de Gareth Southgate ont peu duré, l’ancien capitaine d’Aston Villa restera sur le banc des «Three Lions» jusqu’à l’Euro 2024, au moins. À cette date-là, il deviendra le sélectionneur anglais à la durée de vie la plus longue depuis le mythique Bobby Robson, qui avait occupé cette fonction durant huit ans, à partir de 1982.
Espagne
À l’instar de son homologue anglaise, la Fédération espagnole n’a laissé place à aucun type de spéculations quant à l’avenir. Sitôt l’élimination de la «Roja» consommée, le contrat de Luis Enrique n’a pas été prolongé, tandis que Luis De La Fuente, entraîneur des U21, a reçu une promotion express.
Moins talentueux et moins charismatique que son prédécesseur, De La Fuente pourra au moins bénéficier de l’expérience acquise par la jeune garde espagnole lors de cette Coupe du monde. Et du soutien des médias, avec lesquels se relations ont toujours été au beau fixe, choses non-négligeable de l’autre côté des Pyrénées.
Portugal
Un chapitre se clôt pour le Portugal, avec la démission de Fernando Santos. Et si le nom de José Mourinho est désormais sur toutes les lèvres, une reprise de la Sélection par l’actuel entraîneur de la Roma soulèverait un certain nombre de questions. À chacune d’entre elles correspond un scénario.
Première possibilité, le Portugal nomme un intérimaire et permet tranquillement à Mourinho de terminer sa saison en Italie. Deuxième cas de figure, «Mou» démissionne de son poste d’entraîneur à la Roma afin de consacrer au plus vite son temps à son nouvel emploi, lui qui, de toute façon, n’a plus rien à prouver dans le football de clubs. Dernière éventualité, le «Special One» est tellement spécial qu’il combine deux emplois à la fois.
Tel était déjà son souhait en 2010, lorsqu’il entraînait le Real Madrid et que le poste de sélectionneur s’était soudainement libéré après la destitution de Carlos Queiroz. Mais à l’époque, Florentino Pérez lui avait refusé cette double casquette. Plus tard, Mourinho avait admis que «le Real a pris la bonne décision».

Côté portugais, un nom revient avec insistance pour remplacer Santos : José Mourinho.
IMAGO/ZUMA WireFrance
Continuera, continuera pas? Dans l’immédiateté du coup de sifflet final, Didier Deschamps a préféré ne pas évoquer sous avenir en bleu, à la différence de Noël Le Graët, président de la Fédération française. «Il a les cartes en main. La proposition, je la lui ferai. Maintenant, c’est à lui de décider», a éclairé Le Graët, dimanche.
La Fédération – ainsi qu’Emmanuel Macron – aimeraient bien voir Deschamps continuer l’aventure. Et le principal intéressé alors, qu’en pense-t-il? L’Équipe, elle, affirme que Deschamps serait prêt à discuter d’une prolongation de contrat jusqu’en 2026.
Seule certitude pour l’heure, une rencontre entre DD et Le Graët aura lieu à Guingamp, lors des prochaines semaines. En attendant, Zinédine Zidane ronge toujours son frein…
Pays-Bas
Du côté des Pays-Bas, tout était déjà décidé avant même le début du Mondial. Louis Van Gaal repartirait pour une dernière danse au terme de laquelle il laisserait sa place à une figure bien connue, celle de Ronald Koeman. L’ancien défenseur retrouve un poste qu’il avait quitté en 2020, parti entraîner le FC Barcelone.