Mondial 2022Une ONG accuse le Qatar de détention arbitraire de LGBTQ
Dans un rapport, Human Rights Watch dénonce le comportement de la police de l’émirat qui accueillera la Coupe du monde de foot dès le 20 novembre. Les autorités de l’État du Golfe nient en bloc.
La police qatarie a détenu arbitrairement et maltraité des membres de la communauté LGBTQ, dénonce l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié lundi, à un mois du Mondial 2022 prévu dans ce riche émirat gazier. HRW assure avoir «documenté six cas de passage à tabac sévères et répétés et cinq cas de harcèlement sexuel en garde à vue entre 2019 et 2022». Le dernier cas remonte à septembre, selon l’ONG. L’État du Golfe a fermement nié toute arrestation liée à l’orientation sexuelle et condamné le rapport.
Quatre femmes transgenres, une femme bisexuelle et un homosexuel racontent dans le rapport de HRW comment des membres du département de sécurité préventive du Ministère de l’intérieur qatari les ont détenus dans une prison souterraine de Doha. Les services de sécurité «ont harcelé verbalement et maltraité physiquement des détenus, leur administrant gifles et coups de pied et de poings jusqu’à ce qu’ils saignent».
«Ils me battaient tous les jours et m’ont rasé les cheveux»
«Une de ces femmes dit avoir perdu conscience. Les services de sécurité ont également exercé de la violence verbale, poussé à des confessions forcées et interdit aux détenus d’obtenir des conseils juridiques, de contacter leurs familles ou de se faire soigner», assure l’ONG. Une transgenre qatarie raconte quant à elle avoir été emprisonnée à deux reprises dans une cellule souterraine. «Ils me battaient tous les jours et m’ont rasé les cheveux. Ils m’ont également demandé d’enlever ma chemise pour prendre ma poitrine en photo.»
Les six détenus ont été forcés de débloquer leurs téléphones, ce qui a permis aux autorités d’accéder à des informations sur des membres de la communauté, mais aucun d’entre eux n’a été inculpé, ajoute HRW.
Totalement faux, se défend le gouvernement qatari
Un responsable du gouvernement qatari a déclaré que les allégations étaient «absolument fausses». «Le Qatar ne tolère aucune discrimination à l’égard de qui que ce soit, et nos politiques et procédures reposent sur un engagement en faveur des droits humains pour tous», a-t-il affirmé.
Selon ce responsable, le gouvernement a eu des entretiens avec HRW et d’autres groupes critiques, mais les dernières «allégations n’ont pas été portées à notre attention jusqu’à ce qu’elles soient rapportées pour la première fois dans les médias. Si Human Rights Watch nous avait contactés, nous aurions pu réfuter ces allégations».
HRW a appelé le Qatar à «mettre un terme aux mauvais traitements infligés par les forces de sécurité aux LGBTQ, y compris l’arrêt de tout programme parrainé par le gouvernement visant les pratiques de conversion.» Le responsable qatari a assuré qu’aucun «centre de conversion» n’opère dans le pays.
Jusqu’à 7 ans de prison pour punir l’homosexualité
Le Qatar est observé de près pour sa politique en matière de droits humains, à l’approche de la compétition qui doit attirer au moins un million de spectateurs étrangers. Les relations sexuelles hors mariage et l’homosexualité sont interdites dans cet État conservateur et peuvent être punies par des peines allant jusqu’à 7 ans de prison. HRW a appelé la FIFA et le monde du football à presser le Qatar de lancer des réformes pour protéger la communauté.
Les organisateurs de la Coupe du monde de football ont assuré que les couples homosexuels ne seraient pas inquiétés lors du tournoi. La FIFA a indiqué que les drapeaux arc-en-ciel de la communauté seraient autorisés dans les stades.