Les Croates bosniens dénoncent une «menace pour la paix»

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Élections en BosnieLes Croates bosniens dénoncent une «menace pour la paix»

Le chef politique des Croates bosniens a dénoncé la décision prise mercredi de convoquer des élections générales en Bosnie pour le 2 octobre, après l’échec d’une réforme électorale réclamée par sa communauté.

Dragan Covic, chef politique des Croates bosniens.

Dragan Covic, chef politique des Croates bosniens.

AFP

Des élections générales en Bosnie ont été convoquées mercredi pour le 2 octobre. Bruxelles, Washington et le Haut représentant de la communauté internationale, qui veille au respect de la paix en Bosnie, ont affirmé ces derniers temps que les élections devaient avoir lieu à l’automne, comme prévu, mais leur tenue pourrait être affectée par des actions des représentants politiques croates. En évoquant «les plans de certaines forces politiques de bloquer les élections», le président de la Commission électorale, Suad Arnautovic, a tenu à rappeler, en conférence de presse, que ces actions étaient passibles d’une peine allant «jusqu’à trois ans de prison».

L’insatisfaction de la communauté croate (catholique), qui pèse pour 15% des 3,5 millions d’habitants du pays balkanique, contre une moitié de Bosniaques (musulmans) et 31% de Serbes (orthodoxes), est croissante ces dernières années. Les Croates bosniens se sentent lésés dans le pays fracturé où ils partagent depuis la guerre des années 1990 une entité avec les Bosniaques, notamment en raison d’un mode électoral permettant à cette communauté d’élire le membre croate de la présidence collégiale du pays outre son propre représentant.

Le troisième membre de la présidence est élu dans l’entité serbe, la Republika Srpska. Ces deux entités autonomes sont unies par un gouvernement central, dans un système institutionnel complexe qui fonctionne mal. Depuis des mois, les partis politiques croates et bosniaques tentent de négocier une réforme électorale, sous la houlette de l’Union européenne et des États-Unis. Le dernier round de ces pourparlers a échoué en mars. Alors que les Croates réclament un mode permettant d’élire leur membre «légitime» de la présidence, les Bosniaques mettent en garde contre la solidification des divisions et de «l’apartheid» dans le pays.

«Une menace pour la paix»

Pour le chef politique des Croates bosniens, Dragan Covic, la décision de convoquer les élections sans la réforme préalable de la loi électorale est «une menace directe pour la paix et la stabilité politique en Bosnie». Dans une lettre adressée mercredi «à la communauté internationale», il affirme que «la parité et l’égalité des droits» des Croates bosniens et des Bosniaques étaient «la condition» de l’accord de paix et dénonce «la poursuite de la domination politique bosniaque sur le peuple constitutif croate».

Ces développements risquent d’aggraver davantage la crise politique en Bosnie, attisée fin 2021 par un projet sécessionniste du chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik –sanctionné depuis par Washington et Londres –, qui a lancé le retrait de l’entité serbe de trois institutions cruciales centrales: la justice, l’armée et le fisc.

(AFP)

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