Conférence sur le climatPour répondre aux médias, la COP28 consulte un géant du pétrole
Selon «The Guardian», la conférence sur le climat est même allée plus loin, utilisant le même serveur informatique que la compagnie Adnoc pour envoyer et recevoir des e-mails.

Sultan al-Jaber, président de la conférence sur le climat et patron du géant pétrolier émirati Adnoc.
AFPLa compagnie pétrolière émiratie Adnoc a pu lire des courriels adressés à l’organisation de la COP28 sur le climat – prévue du 30 novembre au 12 décembre prochains – ou en émanant, et a été consultée sur la manière de répondre à des journalistes, affirme, mercredi, le journal britannique «The Guardian».
Les Émirats arabes unis ont choisi Sultan al-Jaber, patron du géant pétrolier émirati Adnoc, pour présider la grande conférence de l’ONU sur le climat. Ce choix a notamment été critiqué par des ONG et des parlementaires européens et américains, mais le dirigeant a conservé sa double occupation.
«Une analyse technique réalisée par des experts a montré que le bureau de la COP28 partageait des serveurs pour les courriels avec Adnoc», écrit «The Guardian». Un porte-parole de l’organisation de la conférence a toutefois indiqué au journal avoir changé de serveur lundi.
Serveurs impliqués
Le quotidien britannique affirme avoir découvert ce lien après avoir sollicité la COP28 et reçu en retour un message contenant le texte «Adnoc classification: internal» («classification Adnoc: interne»). L’organisation de la COP28 a alors reconnu avoir sollicité plusieurs experts, «y compris Adnoc».
Mais selon des experts consultés par le journal, cela est allé beaucoup plus loin et «les serveurs d’Adnoc ont été impliqués à la fois dans l’envoi et la réception de courriels du bureau de la COP28». L’entourage de Sultan al-Jaber et la convention-cadre des Nations unies, sur les changements climatiques, n’ont pas répondu dans l’immédiat.