Pénurie d’énergieL’arrêt de Nord Stream n’inquiète pas la Suisse
L’arrêt pour une durée indéterminée du gazoduc russe n’a pas aggravé la situation d’approvisionnement de notre pays, dont les stocks de gaz à l’étranger réduisent la dépendance au gaz russe selon Berne. En parallèle, la hausse du prix de l’électricité suscite critiques et débats.

Le Conseil fédéral n’a pas été inquiété par l’arrêt surprise du gazoduc.
AFPLe gazoduc Nord Stream, qui devait être remis en service hier après une opération de maintenance, sera complètement arrêté annonçait hier l’exploitant russe Gazprom à la surprise générale. Cela pour réparer une fuite d’huile d’une turbine, selon l’entreprise. L’annonce a surpris en Suisse et en Europe, et fait craindre que le groupe public russe n’arrête complètement ses livraisons de gaz, déjà fortement réduites. Une mesure qui mettrait définitivement en péril l’approvisionnement de l’Europe et de la Suisse, rapporte la «SonntagsZeitung».
Mais le Conseil fédéral n’est pas inquiet, ni le secteur gazier du pays. Il fallait s’attendre à ce que la Russie joue un jeu politique avec ses livraisons, explique-t-on à l’Association suisse de l’industrie gazière (ASIG): «La situation est tendue. Mais elle ne s’est pas fondamentalement aggravée», a déclaré le porte-parole Thomas Hegglin au journal alémanique.
L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) déclare aussi que cet arrêt des livraisons de gaz «ne modifie pas pour l’instant la situation de départ pour la Suisse». L’OFEN et l’ASIG rappellent ainsi que l’industrie gazière avait déjà acquis et stocké fin août les réserves de gaz supplémentaires prévues chez nos voisins européens. Du côté d’EconomieSuisse on met toutefois en garde contre le fait de compter sur ces stocks de gaz à l’étranger dans une situation tendue.
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Détente européenne favorable à la Suisse
À l’ASIG, on voit en revanche des signes de détente en Europe, ce qui profiterait à la Suisse: «Nous constatons que l’Allemagne consomme beaucoup plus de charbon que de gaz pour faire des économies. Grâce au gaz provenant de pays européens et au gaz liquide, la dépendance vis-à-vis du gaz russe a diminué», estime donc son porte-parole. Et la France annonçait, vendredi dernier également, qu’elle remettrait en service une grande partie des réacteurs nucléaires à l’arrêt d’ici l’hiver, ce qui permettrait aussi de débloquer la situation gazière.