Tirs contre la police – La sécurisation d’un quartier sensible de Lyon se poursuit

Publié

Tirs contre la policeLa sécurisation d’un quartier sensible de Lyon se poursuit

Lundi soir, une équipe de la brigade anticriminalité a essuyé des tirs alors qu’elle surveillait un point de deal. L’incident a suscité une polémique sur la vidéosurveillance

Un nombre important de policiers casqués et armés était encore déployé mardi.

Un nombre important de policiers casqués et armés était encore déployé mardi.

AFP

La sécurisation du quartier sensible de La Duchère à Lyon, où trois policiers en patrouille ont essuyé des tirs lundi soir, s’est poursuivie mardi sur fond de polémique sur la vidéosurveillance. Cette «opération de sécurisation et de recherche des points de deal» mobilise 70 fonctionnaires, a indiqué le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes Pascal Mailhos au cours d’un point de presse sur le terrain, en précisant que l’enquête en cours n’a pour l’instant débouché sur aucune interpellation.

«Ce quartier de grands ensembles situé au nord-ouest de Lyon a été ciblé par «45 opérations anti-stupéfiants» depuis le début de l’année, a indiqué le préfet qui s’est déplacé près de la barre Sakharov, un des quatre points de deal de La Duchère où s’est produite la fusillade lundi soir. Un total de 70 des 220 points de deal identifiés l’an dernier sur l’ensemble de la métropole lyonnaise ont été «éliminés» au cours des douze derniers mois, a-t-il précisé.

Un nombre important de policiers, casqués et armés, était toujours déployé mardi après-midi à proximité du lieu des tirs qui n’ont pas fait de blessés. Lundi en début de soirée, trois policiers de la brigade anticriminalité (Bac) ont été pris pour cibles pendant une «intervention de surveillance classique d’un point de deal» dans ce quartier du IXe arrondissement de Lyon, selon la préfecture. Une enquête pour tentative d’homicide a été ouverte par le parquet de Lyon.

«On espère que c’est un cas isolé (…) parce que jusqu’à présent La Duchère était un quartier assez calme, où on ne connaissait pas ce genre de problèmes, avec des armes du moins», a déclaré Éric (prénom d’emprunt), un habitant du quartier âgé d’une quarantaine d’années, «Il y a de la délinquance, de la petite délinquance mais c’est un quartier où il fait bon vivre».

Polémique sur la vidéosurveillance

L’incident a suscité une polémique sur la vidéosurveillance: mardi matin, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déploré l’absence de caméras dans le quartier en assurant avoir adressé «trois fois» un courrier en ce sens au maire écologiste Grégory Doucet.

Ce dernier a répliqué devant la presse que «60 caméras» étaient déjà déployées et qu’«à l’exception de certaines poches, ça suffit pour couvrir l’ensemble du territoire». «Il n’a pas les bonnes infos le ministre (…) sur ce genre d’affaires, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation», a-t-il taclé. «Pour donner des chiffres: zéro caméra dans le secteur de Sakharov, 47 à La Duchère et 60 caméras dans la globalité de l’arrondissement», a détaillé le préfet pendant son point presse.

Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a pour sa part appelé le maire de Lyon à sortir «de son dogmatisme», l’exhortant dans un communiqué à «accepter (sa) proposition de financer des caméras» dans le cadre d’un plan d’un million d’euros. Lyon compte actuellement 571 caméras de vidéosurveillance, ce qui, selon son maire, en fait «une des villes en France les mieux équipées».

(AFP)

Ton opinion

6 commentaires