HumeurValais: des étoiles repeintes aux couleurs de l’amour gai
Créée en 1994, l’association Alpagai mène campagne sur les marchés pour la votation du 26 septembre. Son drapeau valaisan unique aux couleurs de l’arc-en-ciel est incontournable.


Une relecture du drapeau valaisan, que certains trouveront à leur goût et d’autres moins.
lematin.chOn aurait envie de l’accrocher à son balcon, comme il est d’usage dans les campagnes de votation pour afficher son opinion ou sa couleur politique. Ici, le rouge et le blanc du fier étendard valaisan ont disparu, remplacés par les couleurs de l’arc-en-ciel, qui appellent à voter en faveur du «Mariage pour tous» le 26 septembre prochain. Il s’agit du drapeau de l’association Alpagai, réalisé en un seul exemplaire pour ses 25 ans. L’association mène campagne sur les marchés du canton pour la cause, ici à Martigny, jeudi dernier.
Le Valais n’est probablement pas le canton le plus progressiste du pays à l’idée de marier deux personnes du même sexe, mais les mentalités ont évolué. Même le PDC n’a pas réussi à donner un mot d’ordre pour cet objet. Le 17 août dernier, son conseil de parti était divisé: 35 oui, 32 non et 10 abstentions. Seule l’UDC est contre, tandis que le reste du spectre politique soutient la bague au doigt pour tout le monde.
Un «jeu diabolique»
L’association Alpagai a été créée en 1994 déjà. Elle a permis aux jeunes Valaisannes et Valaisans de trouver un lieu de rencontre et de soutien. Dans un canton où l’homosexualité était mal perçue socialement et mal vécue personnellement, son lancement a demandé passablement de courage et de ténacité. En juillet 2001, elle participa à l’organisation de la Gay Pride de Sion. Une pétition, lancée par la droite traditionaliste proche d’Ecône, avait recueilli 6250 signatures pour demander son interdiction. L’évêque de Sion d’alors, Mgr Norbert Brunner, avait parlé dans son message du carême d’un «jeu diabolique» pour qualifier le cortège qui se préparait. Mais finalement, la «Lesbian and Gay Pride & Friends» de Sion s’est déroulée sans fausse note, avec 4000 personnes qui défilaient et trois fois plus qui regardaient.
Malentendu autour d’une «guérison»
En 2015, une seconde Gay Pride s’est tenue avec quelque 8000 participants. Mais là encore, le nouvel évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey, s’était exprimé peu de temps avant, dans «Le Nouvelliste», en parlant de l’homosexualité comme quelque chose qui «pouvait être guérie» ou d’une «faiblesse de la nature». Après un tollé, il avait estimé qu’il y avait eu un malentendu, parlant d’un «faux pas de communication». Tout en précisant: «Je suis navré que le mot ait été ainsi compris, au sens médical. En cela, je me rends bien compte que c’est malheureux. La guérison dont je parle est une rencontre profonde avec le Christ qui libère chacun de nous de toutes limites, angoisses et souffrances».