FranceC’est bien «le Grêlé», tueur en série, qui a été retrouvé mort
L’ex-gendarme qui s’est suicidé parce qu’il se sentait proche d’être démasqué était bien celui qui a commis plusieurs meurtres et viols, a confirmé la procureure.
- par
- Michel Pralong avec l'AFP
L’homme retrouvé mort dans le sud de la France, a été identifié comme le «Grêlé», un tueur et violeur en série recherché depuis les années 1980. Depuis trente-cinq ans, les enquêteurs étaient sur la trace de cet homme au visage grêlé soupçonné de «crimes commis entre 1986 et 1994».
Il est notamment soupçonné d’avoir tué et violé Cécile Bloch, une fillette de 11 ans, retrouvée morte dans le sous-sol de son immeuble à Paris en 1986, et d’avoir étranglé un couple en 1987, également dans la capitale.
Des éléments recueillis au cours de l’enquête ont orienté les investigations «vers un suspect non identifié qui aurait pu exercer la profession de gendarme au moment des faits et permis d’isoler un profil ADN susceptible d’appartenir à l’auteur», a expliqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué publié jeudi soir.
«Ces derniers mois», quelque 750 gendarmes en poste en région parisienne à l’époque des faits avaient été convoqués. L’un d’eux, «un homme de 59 ans, domicilié dans le sud de la France, convoqué le 24 septembre pour une audition le 29 septembre, a été déclaré disparu par son épouse» le 27 et retrouvé mort le 29, a indiqué la procureure.
L’ADN correspond
Ce dernier était «un ancien gendarme, devenu policier et désormais à la retraite»: son ADN s’est avéré correspondre au profil génétique retrouvé sur plusieurs scènes de crime, a-t-elle précisé. L’homme aurait mis fin à ses jours dans un appartement de location au Grau-du-Roi (sud) où il a laissé une lettre d’aveux, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
Selon plusieurs médias, le père de famille affirme dans cette lettre qu’il se sentait recherché par la police. Il y avoue les meurtres «sans donner les noms de victimes ni les circonstances», et précise qu’il s’était «pris en main» et n’aurait «rien fait depuis 1997». Selon «Midi Libre», l’homme aurait précisé dans sa lettre avoir été victime de pulsions dues à des problèmes liés à son enfance. Rencontrer sa femme avec qui il a eu deux enfants aurait apaisé ses démons et il ne serait plus passé à l’acte depuis. Il aurait justifié son suicide pour protéger sa famille, afin qu’elle ne soit pas trop éclaboussée par ces révélations. Selon le journal, cet homme avait été élu au Conseil municipal de Prades-le-Lez dans l’Hérault avant de s’installer avec sa famille à La Grande-Motte.
«Ne jamais abandonner»
En 1986, un portrait-robot avait été largement diffusé, représentant un homme âgé de 25 ans environ, mesurant 1,80 m avec une peau grêlée sur le visage à cause de traces d’acné. Le matin du meurtre de la fillette, il avait en effet été aperçu par plusieurs personnes dans l’immeuble.
Interrogé par l’AFP, l’avocat de la famille de la fillette, Didier Seban, a souligné sa «conviction renforcée qu’il ne faut jamais abandonner». Selon «Le Parisien», l’homme est soupçonné également du meurtre d’une jeune femme de 19 ans en 1994 en banlieue parisienne. Six viols lui sont aussi imputés.