IranAmaigri de trois quarts, le lac Ourmia risque l’assèchement total
Celui qui était le plus grand lac du Moyen-Orient est passé, en une trentaine d’années, de 5000 à 1000 km carrés. En cause, notamment, les températures en hausse et les barrages.

En 2013 (photo), un plan avait été lancé dans une tentative de sauver le lac Ourmia. Cela a permis, en 2017, d’étendre la surface des lieux, avant que le lac ne recommence à rétrécir à cause de la sécheresse.
ReutersLe lac Ourmia, en Iran, est menacé de tarissement si des efforts ne sont pas déployés pour le sauvegarder, a alerté une responsable iranienne mardi. Ce lac, situé dans les montagnes du nord-ouest du pays, près de la frontière turque, était autrefois considéré comme le plus grand du Moyen-Orient.
«Si nous n’arrivons pas à atteindre les quotas d’eau souhaités, le lac s’asséchera certainement», a assuré la responsable de l’unité des zones humides au sein de l’organisme de l’environnement iranien, Arzoo Ashrafizadeh. «Le lac n’a pas reçu l’eau dont il a besoin à cause d’une diminution des précipitations, entre autres», a-t-elle expliqué à l’agence de presse iranienne Isna. Elle a par ailleurs appelé à arrêter la construction de tout nouveau barrage, «pour freiner les activités agricoles» dans le secteur.
Le lac Ourmia a été désigné comme site d’importance nationale par la Convention relative aux zones humides de l’ONU, signée en Iran en 1971.
Crevettes, flamants et cerfs menacés
La surface du lac, qui s’étendait auparavant sur 5000 kilomètres carrés, est en train de se réduire depuis 1995, selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, à cause de la hausse des températures, de la diminution des précipitations, de la construction de barrages et de la surexploitation agricole. Ce phénomène menace notamment l’habitat naturel des crevettes, des flamants roses et des cerfs.
«Le lac n’est pas encore complètement asséché, mais ses parties nord et sud sont désormais séparées. Il en subsiste aujourd’hui environ 1000 kilomètres carrés», indique Arzoo Ashrafizadeh.
Effet sur une très petite durée
En 2013, un plan conjoint entre l’Iran et le programme des Nations Unies pour le développement, financé par le gouvernement japonais, avait été lancé dans une tentative de sauver ce site naturel. Ce plan a permis, en 2017, d’étendre la surface des lieux jusqu’à 2300 km2 avant que le lac ne recommence à rétrécir à cause de la sécheresse.
À la mi-juillet, la police a arrêté plusieurs personnes après des protestations contre le tarissement du lac Ourmia. De nombreuses manifestations ont été organisées, cette année, contre l’assèchement des lacs et des rivières dans le centre et l’ouest du pays. L’Iran souffre de périodes de sécheresses chroniques, qui devraient s’aggraver avec le changement climatique.