SuisseLes tests suffiront-ils encore pour obtenir le certificat Covid?
Alors que les tests deviennent payants dès ce lundi pour les non vaccinés, la task force réfléchit à ne délivrer le précieux sésame qu’aux personnes guéries ou vaccinées.

Depuis ce lundi, tous les Suisses qui refusent d’être vaccinés mais qui veulent obtenir le passeport Covid devront passer à la caisse. En effet, les tests ne seront plus gratuits sauf pour les enfants jusqu’à 16 ans et les personnes qui attendent leur 2e dose de vaccin. Mais ils ne suffiront peut-être plus cet hiver pour obtenir le précieux certificat. La Confédération pourrait passer à son tour de la règle des 3G (en allemand «Geimpft, Genesen, Getestet», soit guéri, vacciné ou testé) à la règle des 2G (vacciné ou guéri), une stratégie adoptée déjà en Autriche et dans certaines villes allemandes.
C’est l’une des options si la situation s’aggrave, selon Tanja Stadler, cheffe de la task force Covid, interrogée par Blick. «Malgré la règle des 3G, des foyers de contagion peuvent naître des grands événements, comme aux Pays-Bas cet été ou lors de l’Euro de football», indique-t-elle. En outre, affirme-t-elle, les tests ne sont pas fiables à 100%.
Cette stratégie de passer à la règle des 2G avait déjà été discutée cet été. Patrick Mathys avait en effet déjà estimé que le certificat Covid pourrait être réservé aux vaccinés et aux guéris. «C’est au Conseil fédéral de décider», avait indiqué alors le chef de la section Gestion de crise à l’OFSP.

Le certificat Covid sera-t-il réservé uniquement aux vaccinés et aux guéris?
20min/Taddeo CerlettiLes hôpitaux déjà bien remplis
Pour Tanja Stadler, il y a toujours le risque de voir une augmentation du nombre de cas. Car seuls 60% de la population est vaccinée entièrement, relève-t-elle. Du coup, le variant Delta est tellement virulent qu’il entrera forcément en contact avec les nombreux Suisses qui n’ont pas été vaccinés. Or, l’automne arrive et les hôpitaux sont déjà relativement pleins, soulève-t-elle.
A la question de savoir comment se dérouleront les vacances de Noël, la responsable estime que «cela s’annonce bien pour les personnes vaccinées et guéries». Mais il est difficile de faire des prévisions précises en cas de recrudescence des cas, estime-t-elle. «Espérons que d’ici Noël, il n’y aura pas de nouveau variant qui échappe complètement à la défense immunitaire offerte par la vaccination», indique-t-elle. Mais la grande masse de personnes non vaccinées reste un risque. «Si elles sont infectées rapidement et que les hôpitaux se remplissent, cela deviendra également un problème pour ceux qui ont été vaccinés», conclut Tanja Stadler.
Les tests nasaux rapides trop peu sûrs pour le certificat?
Plusieurs cantons sont remontés contre les tests rapides nasaux. Ils estiment en effet que ces tests ne sont pas suffisamment sûrs pour délivrer des certificats. Ils demandent donc que Berne agisse de toute urgence et les interdise pour l’obtention du passeport Covid, révèle SRF lundi.
Avec le test rapide nasal, l’écouvillon ne pénètre que dans le nez. Il équivaut à l’autotest pratiqué à domicile, sauf que le prélèvement est effectué par un spécialiste. C’est la méthode employée par de nombreux centres de tests mobiles car elle est bien plus simple que le test nasopharyngé où l’écouvillon est prélevé via le nez jusqu’au fond de la gorge. Mais les deux façons donnent actuellement droit au certificat.
Or, les deux tests ne sont pas à égalité en termes de fiabilité, car la charge virale dans les narines est moins détectable qu’au fond de la gorge, selon les spécialistes. En outre, même les tests nasopharyngés ne permettent pas de détecter la moitié des cas positifs chez les personnes ne présentant pas de symptômes. Raison pour laquelle plusieurs cantons jugent les tests nasaux trop peu sûrs pour délivrer un certificat.