Qatar 2022Battue par le Japon, l’Allemagne est déjà en danger
Deuxième surprise à la Coupe du monde au Qatar. Menés 0-1 à la pause, les Japonais ont renversé la vapeur dans le dernier quart d’heure.

L’Allemagne de Manuel Neuer (au centre) et Nico Schlotterbeck (à droite) a pris un mauvais départ à la Coupe du monde 2022 au Qatar.
AFPDeuxième surprise de taille au Mondial: au lendemain de l’exploit réalisé par l'Arabie Saoudite contre l'Argentine (2-1), l'Allemagne a craqué contre un Japon audacieux et sans complexe (1-2), dans le premier match du groupe E, à Doha.
Les Allemands ont-ils été déconcentrés par leur geste «politique» d'avant-match? Afin de protester contre les menaces de sanctions brandies par la FIFA pour empêcher le port du brassard inclusif «One Love», le capitaine Manuel Neuer et ses coéquipiers se sont ostensiblement mis la main devant la bouche sur la traditionnelle photo d'équipe qui précède le coup d'envoi. Les hommes du sélectionneur Hansi Flick, fidèles à eux-mêmes, ont affiché leurs convictions. À défaut d'afficher leurs certitudes sportives.
Car la Nationalmannschaft a souffert. Et s'est déjà mise en grande difficulté dans un groupe difficile où évoluent également l'Espagne et le Costa Rica. D'entrée de jeu, les «Samurai Blue» ont offert aux quadruples champions du monde un avertissement sans frais, sous la forme d'un but de Daizen Maeda - refusé pour hors-jeu - dès la 8e minute, au bout d'un contre mené à la vitesse de l'éclair.
En face, l'Allemagne a mis 20 bonnes minutes à entrer dans son match, mais elle a peu à peu pris le contrôle, et l'on a pu penser, à la demi-heure de jeu, que la dynamique du match avait basculé en sa faveur. Après des occasions nettes d'Antonio Rüdiger (17e), Joshua Kimmich (20e) et Ilkay Gündogan (27e, 29e), le gardien nippon Shuichi Gonda a bousculé dans la surface David Raum: Gündogan a transformé le penalty, concrétisant la domination allemande (1-0, 33e).
Japonais de Bundesliga décisifs
La deuxième période est partie sur le même rythme avec notamment un tir puissant, mais au-dessus de la barre, de la pépite du Bayern Munich Jamal Musiala (51e), et encore un tir sur l'extérieur du poteau de Gündogan, superbement servi par Musiala (60e).
L'Allemagne semblait sereine, mais à 1-0, l'exploit restait à la portée du Japon, et les joueurs du pays du soleil levant n'ont jamais baissé les bras. Tout a basculé en quelques minutes. D'abord lorsque les Allemands ont vu quatre tirs (Hoffmann et Gnabry trois fois) repoussés en quelques secondes par des parades spectaculaires de Gonda, à la 73e minute. On reparlera dans les prochains jours de l'absence d'un véritable buteur.
Quasiment sur le contre, Manuel Neuer a sauvé la patrie, d'une manchette dont le portier de 36 ans a le secret, alors que les remplaçants japonais sur le banc s'étaient déjà levés, voyant le ballon au fond. C'était juste partie remise. Sur l'action suivante, Ritsu Doan, le joueur du FC Fribourg, a égalisé à l'arrivée d'une combinaison collective qui a donné le tournis à la défense germanique (1-1, 75e).
Huit minutes plus tard, un autre Japonais de Bundesliga, Takuma Asano (Bochum), donnait le coup de grâce d'un tir puissant sous la barre (2-1, 83e).
Les Japonais pouvaient exulter et les Allemands baisser la tête. En 2018, au Mondial en Russie, la Mannschaft avait déjà été battue par une équipe asiatique, la Corée du Sud (0-2), et piteusement éliminée au premier tour.
La polémique du brassard n’a pas impacté l’Allemagne, assure Hansi Flick
«Nous ne cherchons pas d'excuse», a répondu le sélectionneur allemand Hansi Flick, interrogé pour savoir si la défaite de son équipe contre le Japon pouvait s'expliquer par la polémique des derniers jours autour du brassard. «Ce serait bien trop facile», a-t-il évacué en conférence de presse.
En raison de la menace d'éventuelles sanctions sportives, Allemands ont finalement dû renoncer à arborer le brassard inclusif «One Love», que souhaitait absolument porter Manuel Neuer. En signe de protestation, les onze titulaires de la Nationalmannschaft ont posé pour la photo d'avant-match la main bâillonnant ostensiblement leur bouche, un signe envoyé clairement à la FIFA.