Soudan: Après une semaine de combats, toujours aucun cessez-le-feu

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SoudanAprès une semaine de combats, toujours aucun cessez-le-feu

Les combats entre militaires et paramilitaires au Soudan sont entrés samedi dans leur deuxième semaine sans qu’aucun cessez-le-feu ne tienne malgré les multiples appels en ce sens.

De la fumée noire s'élève au-dessus de l'aéroport international de Khartoum, le 20 avril 2023.

De la fumée noire s'élève au-dessus de l'aéroport international de Khartoum, le 20 avril 2023.

AFP

Après une nuit relativement calme dans la capitale Khartoum privée en grande partie d’électricité et d’eau courante, de fortes explosions ont secoué la ville dans la matinée et des échanges de tirs ont été entendus dans différents quartiers, selon des témoignages rapportés à l’AFP.

Vendredi, l’armée a annoncé avoir «accepté un cessez-le-feu de trois jours» pour l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois sacré du jeûne musulman. Auparavant, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, avaient appelé à un cessez-le-feu.

Mais une nouvelle fois, l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR ) n’ont pas respecté leurs engagements de faire une pause pour permettre aux civils de fuir et aux pays étrangers de rapatrier leurs ressortissants. Le bilan encore très provisoire s’élève à 413 morts et 3551 blessés, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Evacuations

Depuis vendredi toutefois, les plans d’évacuation s’accélèrent: les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont déployé des forces dans les pays voisins, et l’Union européenne envisage de prendre des mesures similaires. L’armée soudanaise a annoncé «des opérations d’évacuation dans les prochaines heures». «Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Chine évacueront leurs diplomates et leurs ressortissants avec leurs avions militaires», a-t-elle précisé.

Des Saoudiens et des ressortissants d’autres pays évacués du Soudan sont ainsi arrivés samedi à Jeddah, ville portuaire d’Arabie saoudite, dans le cadre de la première opération d’évacuation de civils annoncée depuis le début des combats il y a une semaine, a indiqué la télévision d’Etat saoudienne. «Le premier navire évacuant des personnes du Soudan, transportant 50 citoyens (saoudiens) et un certain nombre de ressortissants de pays amis, est arrivé», a déclaré la chaîne de télévision d’Etat Al-Ekhbariyah. «Quatre autres navires en provenance du Soudan et à destination de Jeddah transportent 108 personnes originaires de 11 pays», a-t-elle ajouté, sans autres détails..

De leur côté, les FSR du général Daglo ont indiqué être «prêtes à ouvrir tous les aéroports du Soudan» pour ces évacuations. Mais nul ne sait aux mains de qui et dans quel état sont les aéroports et les bases aériennes du Soudan, théâtre de violents combats depuis le premier jour du conflit.

Lutte sans merci

Les deux généraux qui avaient pris le pouvoir lors du coup d’Etat de 2021 sont désormais engagés dans une lutte sans merci. Ils ont été incapables de s’accorder sur l’intégration des paramilitaires du général Daglo aux troupes régulières du général Burhane, après des semaines de négociations politiques sous égide internationale.

En conséquence, l’armée a sorti ses avions de combat pour frapper des bases des FSR dans des quartiers résidentiels de Khartoum. Le général Daglo a lui envoyé dans la capitale des colonnes de blindés et des milliers de combattants des FSR, pour la plupart d’anciens miliciens arabes recrutés par l’ex-dictateur Omar el-Béchir, déchu en 2019, pour combattre des minorités ethniques au Darfour (ouest).

A Khartoum, ville de 5 millions d’habitants, de nombreux civils se sont aventurés à l’extérieur uniquement pour obtenir des denrées alimentaires d’urgence ou pour fuir la ville. La fin du mois de jeûne du ramadan se fête habituellement «avec des pâtisseries et des cadeaux pour les enfants», mais cette année, ce sont «des coups de feu et l’odeur de la mort», se lamente auprès de l’AFP Sami al-Nour, un habitant de Khartoum.

(AFP)

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