JuraCinq ans pour un couteau dans le ventre
Une tentative de meurtre pour 400 grammes de marijuana a été jugée en première instance à Porrentruy.


Le jugement a été prononcé ce lundi après-midi à Porrentruy, au premier étage du Tribunal pénal, sous protection policière.
lematin.ch/Vincent DonzéUn dans le ventre, l’autre à la cuisse, deux coups de couteau assénés «avec élan et beaucoup de force» valent cinq ans de prison à leur auteur pour délit manqué de meurtre. Ce jugement a été prononcé ce lundi à Porrentruy par le Tribunal pénal de première instance. Il ponctue un trafic de drogue qui s’est mal déroulé entre Courrendlin (JU) et Moutier (BE).
Il y a deux ans, le 17 mars 2021, un vendeur et deux acheteurs se sont retrouvés pour une transaction portant sur 400 grammes de marijuana, une marchandise volée dans un bar. Mais les acheteurs n’avaient pas l’intention de payer: ils pensaient faire peur au vendeur en brandissant un pistolet à air comprimé acheté dans une armurerie de Gland (VD).
Des «bâtards»
Pour régler son compte à des «bâtards» qui ont voulu l’avoir, selon ses termes, le vendeur costaud a asséné un coup de couteau dans le ventre avec «violence» et «détermination», selon le tribunal. Un acheteur a été blessé au pancréas, un organe qui subira une ablation partielle de 15%.
La cupidité a guidé le prévenu: la revente de la marchandise volée devait servir à éponger ses dettes. A-t-il sorti son couteau en premier en comprenant que la transaction n’allait pas se dérouler comme prévu, avant d’être touché par une balle en caoutchouc? C’était l’avis du procureur, mais en sortant du tribunal, le père du prévenu n’était pas de cet avis: «C’était de la légitime défense!» a-t-il répété en tirant sur une cigarette.
Au sein d’une famille éplorée, le prévenu vêtu de noir s’est éloigné en tenant un porte-bébé. Il devra verser une indemnité de 10 000 francs pour tort moral au jeune de 28 ans blessé au pancréas. «Je suis satisfait du verdict compte tenu de la gravité des actes commis à l’encontre de mon client», réagit l’avocat lausannois de la victime, Me Albert Habib. Les deux acheteurs sont condamnés à 180 jours-amendes avec sursis pour tentative de contrainte.