Guerre en UkraineJura: ils trouvent une terre d’asile, loin des bombes
Après 23 réfugiés arrivés dimanche dernier, 42 migrants ukrainiens découvrent à Alle une commune au grand cœur.

Ils sont arrivés mercredi matin dans un car arborant deux drapeaux, l’un jaune et bleu, l’autre rouge et blanc. Avant midi, 42 migrants se sont installés dans la salle des fêtes d’Alle, où un dortoir était aménagé. «Les gens d’ici sont très gentils, je ne sais pas comment les remercier», déclare Lydia. «C’est magnifique ici», disent Ruslan et Kate en promenade avec leur fils d’un an Artem.
Après les bombes, un toit, une douche et un repas chaud attendaient les 23 réfugiés ukrainiens arrivés à Alle (JU) dimanche dernier dans deux bus, à l’initiative d’Iryna, Luydmyla et Viktoria et grâce à deux frères d’origine vietnamienne pour l’un et coréenne pour l’autre. Trois jours plus tard, c’est à l’initiative de trois copines que 42 réfugiés sont arrivés à Alle, avec des familles d’accueil déjà désignées.
Aller-retour
Teresa, d’origine polonaise, Isabelle, d’origine ukrainienne et Sandra, coordinatrice de l’opération: toutes trois ont fait l’aller-retour en car. Mercredi autour de midi, dans une salle dédiée habituellement à des lotos, des discos, des soupers et des mariages, les réfugiés ont mangé un émincé avec du riz. Les enfants ont découvert des jouets et… un terrain de football.
Le but du collectif créé par Teresa, Isabelle et Sandra: «Offrir la possibilité à des femmes et des enfants accompagnés de leurs animaux de compagnie de trouver refuge chez nous au Jura, loin des massacres et des bombes».
Cellule cantonale
Mercredi, les autorités jurassiennes ont fait savoir qu’«après l’arrivée des premiers réfugiés ukrainiens dans le Jura, le dispositif d’accueil se met en place et les différents partenaires s’organisent». Le gouvernement a décidé de la mise sur pied d’une cellule de coordination cantonale.
Le gouvernement a décidé d’accorder une aide d’urgence en faveur des réfugiés d’Ukraine. «À l’instar d’autres cantons, un montant de 80 000 francs provenant du fonds d’utilité publique sera mis à disposition d’actions de soutien et de solidarité», a-t-il annoncé. Les autorités invitent la population à suspendre les récoltes de vêtements. Une fois les besoins identifiés, de nouveaux appels ciblés seront lancés à la population.
Nouveaux groupes
Sur le plan opérationnel, l’Exécutif a créé une cellule de coordination cantonale. Motif: «Il s’agit désormais de prévoir non seulement l’arrivée de nouveaux groupes de personnes en provenance d’Ukraine mais aussi d’assurer une prise en charge de qualité et organisée dans une certaine durée pour les personnes déjà accueillies dans les lieux d’hébergement provisoires».
Le «fort élan» de solidarité qui se manifeste au sein de la population jurassienne est salué. «Il permet aujourd’hui de répondre largement aux besoins immédiats, notamment grâce aux nombreuses familles d’accueil qui se sont mises à disposition», constate le gouvernement jurassien, pour qui «il n’est pas possible de savoir à ce jour comment et combien de temps la crise est appelée à se poursuivre».
Lien assuré
La cellule de crise cantonale est opérationnelle. Elle veillera à assurer la coordination entre les différents acteurs. Un lien sera notamment assuré avec les groupes et collectifs d’entraide locaux qui se sont créés spontanément dans les districts.
Afin d’organiser au mieux les actions de solidarité et d’accueil, des séances d’information sont d’ores et déjà prévues dans chaque district. Elles se tiendront à l’auditoire du campus StrateJ à Delémont (JU) le lundi 14 mars à 18 h, à la salle des fêtes d’Alle le même jour à la même heure, ainsi qu’à la Halle cantine à Saignelégier (JU) le mardi 15 mars à 18 h. Un groupe de suivi sera constitué dans chaque district et des informations sont diffusées sur www.jura.ch/ukraine.
Passé la période d’accueil temporaire dans les familles, des solutions durables favorisant l’autonomie des personnes en appartement seront mises en œuvre en collaboration avec l’Association jurassienne d’accueil des migrants (AJAM). «Les dispositifs prévoient l’accompagnement qui sera nécessaire sur une certaine durée», indiquent les autorités.