SortiesLe western est toujours droit dans ses bottes en BD
Le genre ne s'est jamais démodé et trois nouveaux albums viennent le confirmer.

Alors que le genre se fait plus rare au cinéma, le western se décline régulièrement en série télé. En BD, il n'a jamais cessé d'être bien présent, que ce soit avec les grands classiques comme Blueberry ou Lucky Luke, jusqu'au succès des derniers arrivés comme «Undertaker» ou le «Duke» d'Hermann. Parce qu'avec les cow-boys comme avec les pirates, c'est l'assurance d'être emporté dans une aventure dépaysante, faite de bravoure et de fureur.
Trois albums viennent de sortir. Avec le titre «Au cœur du désert», le couple Jean-François et Maryse Charles donne un premier indice au lecteur. Il s'agit d'une adaptation en western du célèbre roman de Joseph Conrad, «Au cœur des ténèbres». Si l'original se déroulait dans l'horreur du Congo du roi des Belges, sa célèbre adaptation au cinéma, «Apocalypse Now», le transposait déjà ailleurs et à une autre époque, lors de la guerre du Vietnam.
La trame centrale reste ici la même. Un jeune officier est chargé d'aller mettre fin aux agissements d'un héros de l'armée américaine qui s'est allié aux Indiens et commet les pires massacres. Sauf que le grand méchant ne s'appelle pas le colonel Kurz, cette fois, mais Pyle. Et que l'homme chargé de le retrouver n'est pas un étranger, c'est son petit frère. Les Charles, connus notamment pour leurs séries «India Dreams» ou «Africa Dreams», nous avaient habitués à ces dépaysements dans des décors grandioses. Là, c'est en souvenir d'un voyage dans l'Ouest américain en 1976 qu'ils se sont replongés dans cet univers. Le trait de Jean-François fait toujours merveille et l'on constate une fois encore la puissance contenue dans le roman de Conrad.

«Au cœur du désert», par Jean-François et Maryse Charles, Éd. Le Lombard, coll. Signé, 102 pages
On reste dans les histoires de famille avec «Billy Lavigne». Ce jeune cow-boy apprend la mort de sa mère, noyée. À son enterrement, il retrouve un riche éleveur et son bras droit, qui tous deux avaient été amoureux de sa mère. L'un d'eux pourrait aussi être son père. Mais il y a également un homme qui était présent lorsque sa mère est morte et qui dit être son dernier amant en date. L'aurait-il tuée? Billy va être balloté au cœur de ces événements en forme de tragédie grecque. Aux tons pastels de Jean-François Charles, Anthony Pastor préfère ici des explosions de couleurs vives, construisant un récit impressionniste troublant.
D'histoires d'hommes, terminons avec un western enfin résolument féminin, comme le nom de la série l'indique, «Ladies with Guns». Dans ce quatrième tome, nos fugitives ont un nouveau problème sur les bras: un bébé. Et à peine né, voilà qu'il a déjà pris une balle. Une course contre la montre s'engage pour le sauver, sans se faire descendre par tous ceux qui en veulent à sa mère et à ses copines. Ce nouveau cycle qui commence a toujours droit au scénario explosif d'Olivier Bocquet et au dessin ultra-efficace et plaisant d'Anlor.