Bande dessinéeCes coups bas à Cuba donnent la banane
Un album frais et tonique, graphiquement épatant, pour une aventure au goût de rhum, de cigare et de plomb.

La bande-annonce d'«Havana Split».
DupuisIl y a les albums et les séries confirmées, que l'on attend avec impatience et, parfois, il y a d'épatantes surprises sorties de nulle part. «Havana Split» en est une.
Sa couverture attire l'œil, avec trois personnages, qui brillent en contraste du reste du dessin, au milieu d'une haie de danseuses, deux joueurs de baseball en fond, l'un avec une batte, logique, l'autre avec un flingue. Le trio, ce sont les héros. Lily, jeune étudiante à Miami qui revient à La Havane retrouver son père, détective privé. Il tient une agence avec John, un ex de la CIA et José, qui vendrait père et mère pour... pour n'importe quoi.
Mais à peine débarquée, elle apprend que son père est otage de mafieux, qui exigent en échange l'enlèvement d'une starlette de cinéma, maîtresse d'un mafieux rival.
Le Cuba de Batista
L'intrigue est posée, mais le décor est important, puisqu'il s'agit du Cuba de 1958, celui du dictateur Batista, à l'époque où il dirige l'île avec l'appui de la mafia et notamment de Lucky Luciano. Mais un certain Fidel Castro est déjà revenu dans l'île et mène une guérilla dans la jungle qui lui permettra d'accéder au pouvoir en 1959.
Histoire et état de la société cubaine de l'époque sont parfaitement intégrés au scénario de cette BD, qui se dévore comme un bon film d'aventures. Bravo Brrémaud pour le récit. Mais, et comme on a parfois un peu tendant à l'oublier aujourd'hui, une bonne bande dessinée doit aussi avoir un bon dessin. Et celui de l'Italienne Vic Macioci est épatant. Extrêmement lisible, classique dans sa ligne claire, mais à la fois très personnel, avec une élégance et un rythme de découpage des plus réussis.
Quelques pages sur les dessous de la conception de l'album viennent conclure ce premier tome et le prochain ne sera donc plus une surprise, mais une BD que l'on attend avec impatience.

«Havana Split: bienvenue à Cuba», tome 1, par Brrémaud et Vic Macioci, Éd. Dupuis, coll. Grand Public, 96 pages