Parlement : Terroriste, le Hamas doit être interdit en Suisse

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ParlementTerroriste, le Hamas doit être interdit en Suisse

Les membres de la Commission de sécurité du Conseil national ont voté à l’unanimité pour ajouter le Hamas à la liste des organisations terroristes.

Eric Felley
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Cette photo est devenue symbolique. Elle montre un assaillant du Hamas qui agresse un festivalier le 7 octobre au matin lors d’une rave party. 250 festivaliers ont été abattus dans des conditions atroces.

Cette photo est devenue symbolique. Elle montre un assaillant du Hamas qui agresse un festivalier le 7 octobre au matin lors d’une rave party. 250 festivaliers ont été abattus dans des conditions atroces.

AFP

«Les attaques terroristes brutales du Hamas contre Israël, qui ont ciblé des civils, suscitent l’horreur. La Suisse doit adopter une position claire à ce sujet». Lors de sa réunion de mardi, la Commission de la politique de sécurité du Conseil national a débattu des événements tragiques du week-end dernier en Israël. Dans une motion et un postulat adoptés à l’unanimité, la commission précise: «Le Conseil fédéral est invité à mettre enfin en œuvre une interdiction du Hamas. Les attaques massives du Hamas contre Israël montrent que la seule qualification que l’on puisse lui attribuer est celle d’organisation terroriste brutale».

La commission constate: «Le Hamas défend une idéologie profondément antidémocratique, inhumaine et antisémite. Sa charte fondatrice appelle à tuer les juifs et agite le mythe antisémite d’une conjuration mondiale». L’année dernière toutefois, le Conseil national avait refusé par 125 voix à 61 une initiative parlementaire de Lukas Reimann (UDC/AG), qui demandait que la Suisse ajoute le Hamas à la liste des organisations terroristes. Mais seuls les représentants de l’UDC et quelques élus du Centre et du PLR l’avaient suivi.

Attaques «inhumaines»

La majorité avait pris en compte des considérations humanitaires, l’intérêt des bons offices helvétiques dans ce conflit ou le fait que l’ONU ne définit pas le Hamas comme une organisation terroriste. Mais depuis les exactions du 7 octobre contre les populations civiles, la donne a radicalement changé: «La tradition des «bons offices» veut que l’on parle avec toutes les parties à un conflit, note la commission, de façon à laisser la porte ouverte au dialogue et à des pourparlers de paix. Avec ses attaques et ses justifications inhumaines et dévastatrices, le Hamas s’est désormais totalement discrédité en tant qu’interlocuteur lors de tels pourparlers».

Lundi en fin d’après-midi, Ignazio Cassis avait cependant déclaré: «La situation juridique ne nous permet pas en l’état de lister les organisations terroristes. Nous l’avions fait en 2015 pour Al-Qaida dans une loi spéciale dont l’effet s’est arrêté à la fin de l’année passée. Cela ne signifie pas pour autant que nous ne pouvons pas agir contre les terroristes. Nous avons suffisamment de bases légales pour cela».

Dans son postulat déposé mardi, la commission demande également que le Conseil fédéral indique «comment la Suisse peut s’engager auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour que le Hamas soit qualifié de groupement interdit». 

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