FootballEt si Zurich convoquait l’irrationnel?
Le champion de Suisse en titre, qui n’a toujours pas gagné en Super League, reçoit Arsenal à Saint-Gall jeudi (18h45). Il faudrait un sacré exploit pour battre le leader de Premier League.
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Il faudrait un sacré exploit pour que le FCZ de Franco Foda surprenne Arsenal jeudi.
Martin Meienberger/freshfocusC’est l’histoire d’une rencontre qui frise la déraison. Quand l’avant-dernier de Super League (qui n’est pas 10e que parce qu’il a encaissé un but de moins que la lanterne rouge Winterthour) doit défier le leader de la Premier League, il y a quelque chose du paranormal. C’est le match qui ne devrait pas avoir lieu, sur le papier. Encore moins en Coupe d’Europe. Parce qu’il y a forcément une dose de crainte que la belle affiche tourne au vinaigre. Le FC Zurich reçoit Arsenal ce jeudi (18h45) en Europa League, et difficile de savoir comment tout cela peut bien se passer pour le champion de Suisse en titre.
«On veut les embêter: nous n’avons rien à perdre. Dans un bon jour, on peut battre Arsenal, même si personne ne s’y attend»
Cela n’empêche pas le rêve. Yannick Brecher ne regarde pas beaucoup de football, mais le gardien et capitaine du FCZ ne s’expose qu’à deux éventualités: la défaite ou l’exploit. «C’est une équipe qui vient du meilleur championnat au monde, et elle en est en plus la leader, notait le Zurichois en conférence de presse mercredi. C’est le genre de choses auxquelles on rêve étant enfants. C’est une récompense de la saison passée. On veut les embêter: nous n’avons rien à perdre. Dans un bon jour, on peut battre Arsenal, même si personne ne s’y attend. Mais de telles histoires ont déjà été écrites en football.»
«Tout peut se passer»
Mais y a-t-il vraiment un monde dans lequel ce Zurich sans relief en Super League peut trouver la clé face à l’une des formations les plus séduisantes de ce début de saison européen? Celui – peut-être – où le plan exécuté frise la perfection. Celui – aussi – où les Gunners négligent cette rencontre, avec un effectif largement brassé (même si tout le monde a fait le voyage). Celui – encore – où le Kybunpark de Saint-Gall (réquisitionné pour l’occasion, puisque le Letzigrund est occupé par la Weltklasse) s’embrase et devient le théâtre de l’irrationnel.
Pour le très menacé Franco Foda, successeur bien moins apprécié par les fans qu’André Breitenreiter, la clé est principalement tactique. Même si l’Allemand ne serait pas contre une dose de paranormal: «Sur un match, tout peut se passer, se persuade-t-il. Nous nous sommes préparés en fonction de l’adversaire. Il est important que nous restions solides défensivement, mais aussi courageux de jouer vers l’avant. Nous devons rester compacts et défendre ensemble, pour ne pas leur laisser d’espace. Nous n’aurons pas beaucoup la balle, mais quand nous l’aurons, il faudra bien l’utiliser.»
Xhaka respectueux
C’est en effet le meilleur moyen de causer des troubles à une formation qui a connu sa première défaite de la saison dimanche. C’était contre Manchester United, et l’équipe de Mikel Arteta, bien que dominatrice, s’était fait surprendre sur des attaques rapides (3-1). Une inspiration? Forcément. Même si Zurich ne peut plus compter sur Assan Ceesay, qui permettait à des demi-actions d’aller au bout grâce à sa vitesse de pointe. Tosin est aujourd’hui le seul à disposer de ce profil dans les rangs zurichois, et encore faut-il que le ballon lui arrive.
«C’est une autre compétition que le championnat et nous ne jouons pas souvent contre ce genre d’équipes, c’est pour ça que ce sont des matches plus durs à disputer»
Ce sont des considérations qui ne touchent pas vraiment Arsenal, dont le dernier entraînement a été effectué à Londres avant de prendre l’avion pour la Suisse mercredi après-midi. Les Londoniens ont un certain respect, alors ils ne le disent pas comme ça. «C’est une autre compétition que le championnat et nous ne jouons pas souvent contre ce genre d’équipes, c’est pour ça que ce sont des matches plus durs à disputer», a lâché Granit Xhaka, convaincu que ses coéquipiers et lui-même ne doivent pas «sous-estimer le FCZ. Ils ont des bons joueurs sur le plan individuel, qui peuvent décider d’un match à eux tout seuls. Nous devrons être prêts et faire notre jeu.»
L’avis d’Arteta? «Ils n’ont pas commencé la saison comme ils l’auraient voulu, alors ils voudront d’autant plus l’emporter. Nous devrons être prêts. Nous prenons très au sérieux cette compétition. Zurich nous rendra la vie compliquée. Mais nous voulons commencer par une victoire.» Tout de même, les révérences s’arrêteront là. S’il doit y avoir une surprise, alors ce sera le terrain et le match de jeudi en fin de journée qui inventeront leur propre scénario. Avec une petite touche de science-fiction.